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Les BRICS développent une stratégie pour contrer les sanctions occidentales

21 août 2014

Lors de leur sommet historique à Fortaleza il y a quatre semaines, le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud) a forgé une alliance reposant sur des principes non monétaristes. Elle a été rapidement mise à l’épreuve par les « sanctions » économiques, autrement dit la guerre économique, imposées à la Russie, et ils ont résisté.

En effet, les quatre autres membres du groupe ont assuré à la Russie un soutien actif, en fournissant à la fois des biens technologiques qui figurent sur la liste d’embargo occidentale et des biens agricoles. La Chine doublera ses exportations de volaille vers la Russie, soit 45 000 tonnes par an, et compte renforcer sa coopération dans le secteur aérospatial, y compris dans les aspects militaro-industriels. Le Brésil fournira des avions Embraer pour remplacer Boeing sur le marché russe, tandis que des bananes et autres fruits produits au Brésil prendront en grande partie la place des fruits jusque là exportés d’Europe.

D’autres Etats qui s’orientent vers les BRICS, comme l’Egypte et l’Argentine, se sont engagés à livrer des pommes de terre et de la viande. La Turquie et Israël de leur côté se proposent de fournir des fruits et légumes, et la Biélorussie pourrait assurer les exportations agricoles qui venaient de la Pologne et des trois républiques baltes. L’Iran propose aussi des exportations, et des négociations sont en cours avec le Chili et d’autres pays d’Amérique latine ainsi que de nombreux pays d’Asie.

Les sanctions européennes ont ainsi un effet de boomerang. En plus de nouvelles sources d’importation, les responsables russes entendent augmenter la production nationale dans les secteurs agricole et technologiques.

Pour ce qui est des BRICS, un article dans le Tehran Times du 10 août, intitulé « L’Iran peut-il devenir le second ’I’ des BRIICS ? », cite Tohid Atashbar, un chercheur au Centre de recherche Majlis en Iran, qui note que Téhéran aimerait rejoindre le groupe des cinq. Atashbar présente les avantages que cela aurait, notamment pour neutraliser l’effet des sanctions imposées depuis des années par l’Occident.

Parallèlement à l’article du Tehran Times, la radio Voice of America a cité Liu Haifang, professeur au Centre d’études africaines de l’Université de Beijing, au sujet de la Nouvelle banque de développement que les BRICS entendent établir. Finalement, dit-il, les pays en voie de développement accéderont à « des sources alternatives de financement de l’infrastructure sans conditions [occidentales]. (…) Les pays africains à la recherche de financements n’auront pas à suivre uniquement les règles du monde développé ».