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Le sommet du BRICS ouvre la voie de sortie de crise

11 septembre 2017

Vu de l’intérieur du monde transatlantique, l’avenir apparaît bien sombre. Outre le danger de guerre nucléaire, l’effondrement du système financier et la dévastation économique provoquée par l’austérité et le désinvestissement, la faction de l’« empire britannique », épaulée par les services de renseignement, a ouvertement engagé un coup contre le président américain Donald Trump, au point même d’inciter à la guerre civile.

Fort heureusement, il existe une autre dynamique dans le monde, qui s’est manifestée à l’occasion du sommet des BRICS du 3 au 5 septembre à Xiamen, en Chine, et qui gagne du terrain malgré de forts vents contraires. Au cours des dix dernières années, le PNB des cinq pays membres réunis (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) a augmenté de 179 % et leurs échanges de 94 %, tandis que la Nouvelle Banque de développement, qu’ils ont fondée en 2014, finance d’importants projets. Ceci, comme l’a fait remarquer le président Xi Jinping, contribue à stabiliser l’économie mondiale.

Pour la première fois cette année, cinq autres chefs d’Etat étaient invités à participer au sommet (Egypte, Guinée, Mexique, Tadjikistan, Thaïlande), une innovation destinée à élargir le groupe en tant que vecteur de la coopération Sud-Sud.

Lors de la cérémonie d’ouverture du Forum économique des BRICS le 3 septembre, le président chinois Xi a souligné que le groupe se caractérise par le fait que ses membres traitent sur un pied d’égalité et mettent en avant ce qui les rapproche plutôt que ce qui les sépare, que leur approche consiste à produire des résultats bénéfiques pour tous et qu’ils « se sont développés en vue d’aider d’autres pays, en ayant en tête le bien-être du monde ».

Le gouvernement russe avait annoncé avant le sommet que les cinq dirigeants discuteraient aussi de questions régionales brûlantes, dont le Moyen-Orient, l’Afghanistan, l’Afrique du Nord et la région du Sahel, ravagés par le terrorisme et l’extrémisme. Le président Poutine a fait savoir que la Syrie aurait une place privilégiée dans les entretiens et qu’il demanderait aux autres pays de s’impliquer dans le processus de règlement du conflit et de reconstruction du pays.

Autre grand thème de discussions, l’initiative chinoise pour développer les infrastructures, que Xi Jinping a décrite ainsi :

L’Initiative une ceinture, une route n’est pas un outil pour faire avancer un quelconque agenda géopolitique, mais une plateforme de coopération pratique. Ce n’est pas un programme d’aide extérieure, mais une initiative visant un développement interconnecté, prévoyant des consultations extensives, des contributions conjointes et des avantages partagés. Je suis convaincu que l’Initiative une Ceinture et une Route servira de plateforme pour tous les pays en vue de réaliser une coopération gagnant-gagnant.

On espère d’importantes percées à l’avenir, dont le projet Transaqua en Afrique et le creusement du canal de Kra en Thaïlande. Le type de grands projets d’infrastructure promus par la Chine sera aussi déterminant pour prévenir des tragédies similaires aux récentes inondations en Asie du Sud, qui ont brutalement coupé court à tant de vies précieuses.