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Le professeur zurichois Marc Chesney soutient le retour au Glass-Steagall

3 septembre 2015

A l’occasion de la parution de son nouveau livre De la grande Guerre à la crise permanente, le site suisse Swissinfo.ch a publié le 27 août un entretien avec le vice-directeur de l’Institut banque et finance de l’Université de Zurich, le professeur Marc Chesney, intitulé « La Grèce, victime parmi d’autres de la dictature financière ». Le professeur Chesney commence par cette célèbre citation de Charles de Gaulle en 1966, « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille », à la différence d’aujourd’hui, où les marchés financiers dictent l’orientation de économique et financière des pays.

S’attaquant à l’austérité imposée par l’UE, il dénonce en particulier l’hypocrisie du président de la Commission européenne :

Jean-Claude Juncker intime à la Grèce l’ordre de réduire son déficit, alors qu’il a dirigé pendant des années un pays - le Luxembourg -, qui a permis à des sociétés actives en Grèce de pratiquer l’évasion fiscale aux dépens de la République hellénique. Cela tourne à la farce.

Face à cela, Chesney appelle à un audit de la dette pour en déterminer la partie légitime : « Une dette est illégitime si elle a été contractée contre les intérêts de la population et ce, en toute connaissance des prêteurs. » Il rappelle que le président de la BCE Mario Draghi n’a toujours pas dénoncé le rôle joué par Goldman Sachs, son employeur de l’époque, dans le montage financier visant à minimiser la dette de la Grèce afin qu’elle réponde aux critères de la zone euro.

Le professeur Chesney termine par un appel à la séparation « entre banque de dépôt et banque d’affaires, comme elle a existé aux Etats-Unis de 1933 à 1999 avec le Glass-Steagall Act. Ceci afin que les banques qui veulent prendre des risques démesurés le fassent avec leur argent, pas avec celui du client ou du contribuable. »

En mai dernier, Chesney avait participé, avec Helga Zepp-LaRouche et d’autres intervenants, à une conférence sur les BRICS à Zurich, organisée par le mouvement citoyen suisse Impulswelle.

Le Conseil national suisse (chambre basse) avait montré l’exemple en septembre 2013 en adoptant une résolution obligeant le gouvernement helvétique à préparer un projet de séparation des banques en vue de la prochaine crise financière. La résolution avait alors été rejetée par le gouvernement.