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Le Wall Street Journal dénonce les Constitutions anti-fascistes d’Europe

10 octobre 2013

Un article intitulé « Les Constitutions entravent les efforts pour virer des travailleurs en Europe » est paru dans le Wall Street Journal du 27 septembre. L’auteure, Patricia Kowsmann, fait état des décisions des Cours constitutionnelles du Portugal, d’Espagne et de Grèce, qui posent d’importants obstacles aux « réformes » économiques dictées par la Troïka. Les Constitutions, continue-t-elle, « rédigées au lendemain de la guerre et la dictature, étayent des protections sociales dans pratiquement toute l’Europe ».

L’idée n’est pas nouvelle. Un rapport de JP Morgan Chase publié le 28 mai 2013 sous le titre Les ajustements de la zone euro : presqu’à la moitié du chemin (cf. SAS 26, 27/13), en vient à ce constat : « Les constitutions et solutions politiques dans la périphérie sud [de l’Europe] mises en places dans la foulée de la chute du fascisme, contiennent des caractéristiques qui apparaissent incompatibles avec une intégration plus poussée dans la région [la zone euro]. »).

En effet, la Cour constitutionnelle du Portugal a jugé le 26 septembre que la tentative du gouvernement de modifier le Code du travail de manière à faciliter le licenciement était illégale, parce que la Constitution établit la nécessité d’un motif valable pour un licenciement. Le 25 septembre, des retraités manifestaient à Lisbonne pour contester le projet de réduire de 10 % les retraites des fonctionnaires. Au cours des cinq derniers mois, poursuit l’article du WSJ, la Cour constitutionnelle a supprimé quatre mesures différentes du gouvernement, dont l’impôt sur les allocations chômage et la baisse des salaires et des retraites.

L’ancien ministre portugais des Finances Medina Carreira a protesté que, « pour respecter ce que [les juges] demandent, nous devons quitter l’euro ». Les décisions de la Cour, selon Kowsmann, posent la question de savoir si le Portugal « pourra retrouver la confiance des investisseurs obligataires et éviter un second plan de sauvetage ». L’économiste de JP Morgan Chase Alex White confirme : « Dans plusieurs cas, les normes politiques locales semblent incompatibles avec l’adhésion à la zone euro sur le long terme. »