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Le sommet de l’OCS donne la priorité à la stabilité et à la lutte contre le terrorisme

17 juin 2017

La semaine passée a apporté son lot de surprises, de manœuvres et de tensions, mais au final elles sont toutes subsumées par les contradictions fondamentales entre le vieux paradigme et le nouveau.

Le vieux paradigme se manifeste de la manière la plus flagrante dans les manigances du « Deep State » (gouvernement parallèle) contre Donald Trump, en raison de son intention déclarée d’améliorer les relations avec la Russie et la Chine et de mettre fin à la politique de changement de régime. Dans ce contexte, on notera la prestation de l’ancien directeur du FBI James Comey au Sénat.

Côté positif, le nouveau paradigme était bien présent au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) les 8 et 9 juin à Astana, au Kazakhstan. Deux nouveaux membres ont rejoint le groupe – l’Inde et le Pakistan – pour la première fois depuis sa fondation en 2001 par la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, en vue surtout d’assurer la sécurité dans la région et de combattre le terrorisme. L’Iran y jouit du statut d’observateur.

Coopération anti-terrorisme

Le président russe Poutine a prononcé deux discours à la conférence, tous deux centrés sur la coopération entre toutes les nations pour vaincre le terrorisme. Pour lui, l’Afghanistan est « la source la plus sérieuse de menaces » à la sécurité régionale. Les Etats-Unis et l’OTAN y font la guerre depuis 15 ans, mais « le pays continue à se dégrader ». Par ailleurs, il a rappelé l’objectif de la Russie de parvenir à une meilleure coordination entre l’Union économique eurasiatique, l’OCS, l’ASEAN et l’Initiative chinoise Une ceinture, Une route.

Le président chinois Xi Jinping, de son côté, a souligné l’importance des efforts contre le terrorisme, de la répression du trafic de stupéfiants,et il s’est félicité des avancées dans la coopération économique.

Dialogue entre la Chine et l’Inde

Les présidents russe et chinois se sont rencontrés comme prévu en marge du sommet, mais une autre rencontre a été bien plus remarquée : celle entre Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi qui n’a été confirmée qu’à la dernière minute. Il subsiste de nombreux points de tension entre les deux pays, qui a amené Modi à boycotter le Forum de la Ceinture et la Route des 14 et 15 mai à Beijing, mais les deux dirigeants ont exprimé à cette nouvelle occasion leur volonté d’améliorer les liens.

Une tribune sur Xinhua du 9 juin intitulé « L’expansion de l’OCS est une aubaine pour la stabilité et le développement régionaux », présente une évaluation du sommet similaire à celle du gouvernement chinois.

L’auteur Shu Dongyang note qu’avec l’adhésion de l’Inde et du Pakistan, l’OCS représente « la moitié de la population mondiale et trois cinquièmes du continent eurasiatique ». Selon lui, « les engagements constants pour la paix et la croissance dans certaines des nations les plus instables du monde sont restés inébranlables au cours des années » et le développement économique peut devenir encore plus rapide.

Ces intérêts communs dépassent leurs différences de système politique, de culture, de tissu social et de niveaux de développement.