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Lac Tchad : un accord italo-chinois sur le projet Transaqua

26 août 2017

Soutenus par leurs gouvernements respectifs, la société italienne Bonifica Spa a signé avec Power China, l’une des plus grandes multinationales chinoises, une lettre d’intention en vue d’explorer la faisabilité du plus grand projet d’infrastructure jamais envisagé en Afrique : Transaqua, un projet intégré de transfert d’eau, de production d’énergie, de transport fluvial et de développement agro-industriel. La lettre, signée début juin à Hangzhou par les directeurs des deux sociétés, en présence de l’ambassadeur italien en Chine, n’a été rendue publique qu’en août.

Le projet transaqua

Transaqua est un concept développé par Bonifica à la fin des années 1970, consistant à construire un canal de 2400 km depuis la région sud de la République démocratique du Congo (RDC), et à intercepter, grâce à des barrages et des réservoirs, les affluents sur la rive droite du fleuve Congo. L’on pourrait ainsi transférer jusqu’à 100 milliards de m3 d’eau par an, par simple effet de gravité, vers le lac Tchad, de manière à le remplir, tout en fournissant en même temps de l’électricité et des quantités d’eau suffisantes pour l’irrigation. Le canal deviendrait en outre une voie de transport cruciale pour l’Afrique centrale.

Au cours des dernières décennies, la situation autour du lac Tchad s’est considérablement dégradée, provoquant une crise majeure dans toute la région. L’assèchement du lac a poussé une foule de gens à émigrer vers l’Europe et provoqué l’appauvrissement de la région, devenue un terrain fertile de recrutement pour le groupe terroriste Boko Haram. Bien que Transaqua offre une solution viable à ce type de problème, les pays et institutions occidentales ont refusé tout financement pour des raisons financières et idéologiques.

Grâce aux efforts consentis pendant des années par l’Institut Schiller et les concepteurs du projet, Transaqua prend enfin forme dans le contexte de l’initiative Une Ceinture et une Route promue par la Chine. En 2015, l’Institut Schiller et l’EIR avaient fait en sorte de réunir la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et les auteurs du projet Transaqua. En décembre 2016, la CBLT signait un protocole d’accord avec des acteurs de premier plan comme Power China, avant de mettre en contact les sociétés chinoise et italienne.

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