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Lac Tchad : le projet Transaqua discuté aux Nations unies

15 octobre 2016

Pour la première fois depuis le sommet de la Terre de Rio de 1992, le projet Transaqua pour la remise en eau du lac Tchad et la construction d’un système de voies navigables et de barrages en Afrique centrale, a été discuté dans le cadre de l’ONU. Lors de l’Assemblée générale de 2016, le président du Nigeria Muhammadu Buhari a insisté, dans son intervention du 20 septembre, sur la nécessité de résoudre la crise terrible dans la région du lac Tchad par le biais de la réalisation d’un grand projet de transfert d’eau.

La crise humanitaire qui sévit sur place, provoquée par l’organisation terroriste Boko Haram, s’est fortement aggravée, l’ONU n’ayant pu lever qu’un quart des fonds nécessaires pour l’aide d’urgence. L’assèchement en cours du lac Tchad, a déclaré le président nigérien, et la pauvreté qui en découle, ont créé des conditions favorables au développement du terrorisme. Résultat, 30 millions d’habitants du bassin environnant répartis entre le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria, sont sévèrement menacés.

Le secrétaire exécutif de la Commission du bassin du lac Tchad, Abdullahi Sanusi, a pris la parole lors d’une conférence sur le thème « Mesures à prendre sur le climat pour le développement durable » qui s’est tenue en marge de l’Assemblée générale. Il a retracé l’histoire du lac et du processus d’assèchement qu’il subit depuis quelques décennies, en présentant le projet Transaqua comme l’une des trois solutions possibles.

Un projet porteur pour douze pays

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« Transaqua propose de capter 5 % de l’eau du Congo (soit 100 milliards de mètres cubes sur un débit annuel de 1900 milliards de mètres cubes) et de rediriger cette eau par simple effet de la gravité vers le nord-ouest à travers la République démocratique du Congo puis la République centrafricaine, jusqu’à la rivière Chari, qui déverserait l’eau supplémentaire dans le lac Tchad. Au départ, le projet était considéré comme complexe du point de vue diplomatique et onéreux, car l’idée était de créer une nouvelle plateforme de développement pour l’agriculture, l’industrie, les transports et la production d’électricité, pouvant bénéficier à douze pays africains. »

Les deux autres projets mentionnés par Abdullahi Sanusi sont :

  • le pompage de l’eau à partir de la rivière Ubangi, tributaire du fleuve Congo ;
  • une variante de ce projet qui utiliserait de l’énergie solaire pour alimenter les pompes.

Des experts interrogés par EIR considèrent les deux dernières propositions comme irréalisables, sur les plans économique et environnemental. On soupçonne l’Occident de mettre en avant ces deux projets en raison de leur moindre coût, sabotant par la même le projet Transaqua. Même le cabinet d’ingénierie qui a réalisé l’étude de faisabilité du projet Ubangi a conclu que l’eau pompée depuis la rivière dont le débit est plus faible, ne suffirait pas à remplir le lac Tchad. Le cabinet a suggéré d’étudier plus en profondeur Transaqua, et proposé de construire la dernière station Transaqua à Bria, en République centrafricaine.