« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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La stratégie de guerre de l’empire britannique 2

12 avril 2018

Bien que l’organisation des « Casques blancs », une émanatation du renseignement britannique soit, de notoriété publique, proche d’al-Qaïda et d’autres groupes djihadistes, les médias occidentaux n’hésitent pas à la citer comme seule source « crédible » concernant les événements à Douma. Ses vidéos montrent des images insupportables d’enfants souffrants, mais pas la moindre preuve d’une attaque à l’arme chimique. D’ailleurs, aucune de ses accusations passées sur l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement d’Assad n’a été démontrée.

Il y a deux mois, au contraire, le 2 février, le secrétaire à la Défense américain James Mattis avait déclaré au Pentagone que « les Etats-Unis n’ont aucune preuve permettant de confirmer les rapports provenant de groupes d’aide ou autres, indiquant que le gouvernement syrien aurait utilisé le gaz sarin mortel sur ses citoyens. (...) Nous n’en avons aucune preuve. »

Face à la réaction immédiate du président Trump invectivant l’« animal Assad », le colonel Pat Lang, ancien officier du renseignement militaire américain, s’est demandé pourquoi il gobe toute cette désinformation venant des Britanniques. « Cela ne lui vient-il jamais à l’idée de décrocher le téléphone sécurisé et d’appeler l’officier responsable à la CIA, à la NSA ou ailleurs, pour lui demander s’il pense que ces informations sont correctes ? Tous ces rapports transmis aux MSM (mainstream media – grands médias) et de là, aux oreilles de DJT [Donald J. Trump], viennent de l’appareil de propagande des rebelles, largement soutenu financièrement par le ministère des Affaires étrangères du gouvernement britannique, et passent par le MI6. Qu’est-ce qui motive donc le Royaume-Uni dans cette entreprise démoniaque ? » Le colonel fustige ensuite les médias américains et européens qui répètent comme des perroquets ces accusations non prouvées.

En effet, comme dans le cas de la Russie avec l’affaire Skripal, le gouvernement syrien n’avait aucun intérêt à utiliser l’arme chimique à Douma, alors que ses forces armées ont déjà repris 90 % du territoire occupé dans la Ghouta orientale et que la victoire est désormais acquise. Par contre, les « rebelles » encore sur place pouvaient orchestrer un tel attentat afin de provoquer une intervention militaire contre l’armée syrienne, notamment de la part des Etats-Unis.

Sur place, il semble que l’armée syrienne ait mené une opération nocturne bien préparée afin de gagner du terrain et de vaincre les terroristes à Douma en moins de 24 heures, à l’aide d’équipements à infrarouge. Cette opération de nuit a apparemment pris par surprise les terroristes de Jaish al Islam, enfonçant leurs lignes de défense et les amenant à demander un cessez-le-feu. Ceci ouvre la possibilité d’une inspection par des experts internationaux indépendants sur le site de l’attaque du 7 avril, comme le demandent Syriens et Russes. On pourrait ainsi stopper la dangereuse escalade en cours. Tony Blair, par exemple, l’ancien Premier ministre britannique responsable des mensonges sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, a immédiatement incité la Grande-Bretagne et les Etats-Unis à bombarder la Syrie.