« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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La remise en eau du lac Tchad bientôt une réalité

Une grande victoire pour l’Institut Schiller

8 mars 2018

Lors de la Conférence internationale sur le lac Tchad qui s’est tenue du 25 au 28 février à Abuja (Nigéria), les huit chefs d’Etat et de gouvernement africains présents ont convenu que le Projet Transaqua était la meilleure option pour résoudre la crise du lac Tchad et créer des infrastructures comme objectif stratégique pour tout le continent. L’ambassadeur italien au Nigeria, Stefano Pontesilli, a annoncé que son gouvernement allouerait 1,5 million d’euros pour lancer l’étude de faisabilité confié conjointement à la société italienne Bonifica, conceptrice du projet dans les années 1970, et la société chinoise Powerchina. Le Transaqua pourrait ainsi devenir un modèle de collaboration tricontinentale dans l’esprit de l’ICR (Initiative une ceinture et une route).

Ce grand projet, qui implique la construction d’une voie fluviale de 2400 km reliant le fleuve Congo au lac Tchad, était le fil rouge des différentes sessions où d’autres projets ont été présentés comme, par exemple, un projet plus limité consistant à prélever les eaux de la rivière Oubangui. D’autres aspects du problème ont été également soulevés, comme la sécurité dans la région, infestée par les terroristes de Boko Haram, avant de se recentrer sur le projet Transaqua.

Notons que le gouvernement de la République démocratique du Congo, principal « fournisseur » de l’eau, participait pour la première fois à une réunion sur la crise du lac Tchad. Un pas d’autant plus important que ce pays sera l’un des principaux bénéficiaires du projet.

Les contributions des représentants de la firme Bonifica et de Powerchina ont soulevé un grand intérêt. Franco Bocchetto, directeur technique de l’entreprise italienne, a expliqué que Transaqua peut être construit en modules, tandis que Huang Ziping, ingénieur-en-chef-adjoint de Powerchina, a montré une vidéo sur le creusement d’un canal de 1500 km en Chine, baptisé Projet de transfert d’eau Sud-Nord, par Powerchina.

Claudio Celani, rédacteur de la lettre confidentielle Strategic Alert qui accompagnait la délégation Bonifica, a pu intervenir lors des panels et des conférences de presse ; également invité, Sébastien Périmony a pris la parole lors de la session plénière, au nom de l’Institut Schiller. Tous deux ont présenté aux responsables présents, notamment les présidents du Nigéria et du Niger, le dossier spécial de l’EIR (disponible auprès de l’Institut Schiller) sur le développement de l’Asie du Sud-ouest et de l’Afrique.

Lors de la session plénière finale, une feuille de route, la Déclaration d’Abuja, a été élaborée, précisant que toutes les études aboutissent à une même conclusion : pour éviter l’assèchement du lac Tchad, il faut y transférer des eaux provenant de l’extérieur du bassin. La déclaration indique également que faute d’action rapide et adéquate, le lac s’asséchera totalement, provoquant une grave crise humanitaire tout en posant un défi sécuritaire pour toute l’Afrique et pour le monde.

La feuille de route appelle la Banque de développement africain à « faciliter la création d’un Fonds du lac Tchad d’un montant de 50 milliards de dollars » afin de financer « le transfert d’eau interbassin et les projets d’infrastructure ».

Pour approfondir : compte rendu du représentant de l’Institut Schiller à la conférence d’Abuja