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La guerre du prix du pétrole risque de provoquer un crash financier

2 janvier 2015

Ce qui a commencé comme une guerre des prix de l’or noir destinée à mettre à genoux la Russie, finit par faire éclater la bulle pétrolière, menaçant de provoquer l’implosion de tout le système, comme ce fut le cas avec la bulle des subprimes en 2007-2008. Une vague de défauts de paiement dans le domaine énergétique pourrait déclencher des défauts de paiement dans tous les marchés de la dette à haut taux de rémunération, qui représentent quelques milliers de milliards de dollars de dettes à fort effet de levier.

Bien que les commentateurs conventionnels tentent de réfuter ce risque en alléguant que la dette hypothécaire subprime était cinq fois plus grosse, des analystes plus avisés relèvent plusieurs niveaux de perte susceptibles de provoquer une réaction en chaîne : les dettes des producteurs de pétrole, des banques ayant prêté aux acteurs sur le marché pétrolier, des produits dérivés liés à l’énergie, des credit default swaps (CDS) contre le risque d’insolvabilité du marché énergétique etc.

La première vague frappe déjà les producteurs américains de pétrole de schiste, pour qui le prix du baril de Brent Crude doit se situer entre 80 et 120 dollars pour qu’ils puissent rembourser leur dette, alors que le prix actuel est inférieur à 60 dollars.

L’irruption d’une deuxième vague bien plus grande, pourrait se déclencher sur le gigantesque marché des produits dérivés.

Dans une lettre du 18 décembre au Financial Times, l’analyste financier Peter Lewis avertit qu’en cas de défaut impliquant 30 % des emprunteurs à fort taux de rémunération dans le domaine énergétique, les pertes pour les banques ayant vendu des CDS pourraient s’élever à 135 milliards de dollars.

En outre, selon Lewis, « une volatilité accrue au niveau des produits dérivés liés aux matières premières s’étend généralement à d’autres classes d’actifs afférentes et provoque des pertes au niveau des dérivés sur taux d’intérêt (où les banques américaines ont une exposition de 192 000 milliards de dollars) et sur taux de change (31 000 milliards de dollars). Des pertes intervenant dans un segment du marché peuvent être contagieuses en raison des interrelations (...)  ».

Autre danger : l’abrogation de l’amendement Lincoln de la loi Dodd-Frank fait que les produits dérivés liés aux matières premières sont désormais garantis par la FDIC (agence fédérale garantissant les dépôts bancaires). Autrement dit, les pertes sur les dérivés énergétiques seront encaissées par les contribuables et, en cas de bail-in, par les déposants.