« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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La Syrie au menu de la rencontre entre Trump et Tulsi Gabbard

20 décembre 2016

Le 21 novembre, le nouveau président des États-Unis a reçu Tulsi Gabbard, une députée démocrate d’Hawaï ayant effectué deux missions de combat en Irak avant son élection au Congrès, afin de discuter de la politique syrienne et d’autres questions de politique étrangère. Gabbard s’est opposée très énergiquement et publiquement à la politique de guerre permanente et de changement de régime. Elle a soutenu Bernie Sanders lors des primaires parce qu’il « comprend ce que coûte une guerre ». Elle a même démissionné de son poste au Comité national du Parti démocrate pour protester contre l’évident parti pris en faveur d’Hillary Clinton, dénonçant son appel à établir une zone d’interdiction aérienne en Syrie.

Fervente partisane du rétablissement de Glass-Steagall, Tulsi Gabbard jouit d’une immense popularité à Hawaï, où elle vient d’être réélue avec 81 % des voix.

Après sa rencontre avec Donald Trump, elle a déclaré sur son site qu’il avait surtout été question de la politique envers la Syrie et du combat contre des groupes terroristes comme Al-Qaïda et Daech, précisant qu’elle avait tenu à le rencontrer :

Maintenant, avant que les tambours de guerre que les néoconservateurs font résonner ne nous entraînent dans une guerre pour renverser le gouvernement syrien – guerre qui a déjà coûté des centaines de milliers de vies et obligé des millions de réfugiés à quitter leur maison en quête de sécurité pour eux-mêmes et leur famille.

Bien qu’étant en désaccord avec Trump sur bien des questions, elle explique :

Je n’ai jamais fait et je ne ferai jamais de politique politicienne quand il s’agit de la vie d’Américains et de Syriens.

Elle a confié au nouveau président ses graves préoccupations :

L’escalade de la guerre en Syrie, en cas de mise en place d’une zone d’interdiction aérienne, risque d’être désastreuse pour le peuple syrien, pour notre pays et pour le monde. Elle entraînerait plus de morts et de souffrance, aggraverait la crise des réfugiés, renforcerait Daech et Al-Qaïda et nous mettrait dans un conflit direct avec la Russie pouvant mener à une guerre nucléaire. Nous avons discuté de ma proposition de loi pour mettre fin à la guerre illégale menée par notre pays pour renverser le gouvernement syrien, et de la nécessité de concentrer nos précieuses ressources sur la reconstruction de notre propre pays et sur la défaite d’Al-Qaïda, de Daech et d’autres groupes terroristes qui constituent une menace pour le peuple américain.