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La Russie reconstruit son infrastructure spatiale, et vise la Lune et Mars

22 mars 2012

Une série de recommandations bien ambitieuses pour revitaliser les capacités de recherche russes dans le domaine des sciences spatiales, et pour moderniser son industrie aérospatiale a été présentée au gouvernement par Roscosmos au début du mois de mars. Le rapport, intitulé Stratégies de développement des capacités spatiales russes jusqu’en 2030, avait été commandé suite à l’échec de la sonde Phobos-Grunt en novembre 2011, qui devait étudier le satellite martien Phobos. Une des raisons pour laquelle la sonde fut incapable de quitter l’orbite terrestre est le démantèlement de l’industrie aérospatiale russe suite à la thérapie de choc imposée par le FMI au cours des années 90, et dont elle a du mal à se remettre depuis.

Les nouvelles recommandations comprennent une mise à niveau des capacités de lancement en achevant, après de long délais, la mise au point de la fusée lourde Angara, appelée à remplacer les lanceurs Soyouz et Proton, qui sont en service depuis les années 60. D’ici 2018, la construction du nouveau cosmodrome de Vostochny dans l’est de la Russie devrait être achevé. De plus, une nouvelle capsule pouvant transporter six cosmonautes (au lieu de trois actuellement) est proposée pour remplacer les capsules Soyouz, en service elles aussi depuis les années 60.

Une série de missions lunaires robotisées est également recommandée, en anticipation de l’alunissage d’une mission habitée. Ces missions robotisées pourront cueillir des échantillons, établir des bases lunaires, et peut-être même inclure une station orbitale autour de la Lune. D’ici 2020, selon le plan, la Russie pourra « mener un vol habité expérimental autour de la Lune, suivi d’un alunissage puis du retour des cosmonautes » en 2030.

Selon certains rapports, en attendant que la technologie requise pour une mission habitée vers Mars soit disponible d’ici 18 ans, on compte y construire un « réseau de bases de recherche non habitées », en coopération avec d’autres pays. Et des sondes non habitées pourront être envoyées vers Jupiter et Vénus.

L’objectif est « de faire en sorte que l’industrie spatiale russe puisse être au plus haut niveau à l’échelle internationale et qu’elle soit en mesure de consolider sa position parmi les trois plus grandes puissances spatiales ».

La Chine poursuit également ses efforts dans ce domaine. La prochaine sonde lunaire chinoise, Chang’e 3, devrait être prête pour le lancement l’année prochaine. Les deux premières missions lunaires chinoises, bien que réussies, étaient limitées à l’orbite lunaire. La prochaine mission est donc un grand pas en avant puisqu’elle comprendra un petit véhicule lunaire robotisé, le premier alunissage en douceur pour les Chinois.

La prochaine phase de ce programme inclura la collecte d’échantillons lunaires et leur rapatriement sur Terre. Par ailleurs, une mission lunaire habitée est actuellement à l’étude.