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La Ceinture et la Route : la Suisse offre une aide financière à l’Asie centrale

25 juillet 2017

Lors d’une visite peu remarquée au Tadjikistan, Kyrgyzstan et Kazakhstan du 8 au12 juillet, le ministre suisse des Finances Ueli Maurer « a proposé d’aider ces anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale dans le cas où la Chine lancerait effectivement son projet de Nouvelles Routes de la soie », selon tvsvizzera, la chaîne de télévision suisse en Italie.

Le porte-parole du ministère des Finances Peter Minder a précisé que l’un des principaux thèmes abordés « avec des représentants officiels de ces pays était l’initiative ’la Ceinture et la Route’ ou la ’Nouvelle Route de la soie’. » Cette initiative de dimensions géantes, selon tvsvizzera, « fait l’objet d’un grand intérêt de la part des pays d’Asie centrale visités par Maurer ». Ainsi, le ministre des Finances, toujours selon Minder, a offert « le soutien et la collaboration de la Suisse pour ce qui concerne le financement de projets d’infrastructure ».

La Suisse semble avoir mieux compris les implications de la Ceinture et la Route que d’autres pays en Europe, qui restent prisonniers des vieux axiomes de la géopolitique. L’Asie centrale se trouve en effet à la croisée des chemins entre l’Europe, la Russie, la Chine et le Moyen Orient. Et c’est au Kazakhstan que le président chinois Xi Jinping a choisi d’annoncer en 2014 le lancement du projet de la Ceinture et la Route.

Pour la première fois de l’histoire, ce pays enclavé dispose d’un accès stable et direct par voie ferrée à l’océan Pacifique et de son propre terminal logistique dans le port maritime de Lianyoungan en Chine orientale. Sur le 1700 trains que la Chine envoie en Europe aujourd’hui, 1200 passent par le Kazakhstan.

Pour les Chinois et les Kazakhs, il s’agit d’une « synergie de coopération effective, sans politique, sans géopolitique », écrivait l’expert kazakh Timur Chaimergenov dans le Shanghai Daily du 11 juillet. « Nous créons une nouvelle réalité géoéconomique. Nous changeons l’histoire moderne tout comme nous l’avons fait il y a 2000 ans lorsque Chinois et Kazakhs développèrent l’ancienne Route de la Soie. Les deux pays ont lancé un nouveau modèle de relations pour tempérer la géopolitique, la géoéconomie et toute tension grandissante. Il a été démontré qu’une étroite collaboration, sans ingérence dans les affaires internes, est possible, rentable et dans l’intérêt national ».