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L’enjeu crucial des 28 pages qui accusent l’Arabie saoudite

11 mai 2016

Le directeur de la CIA, John Brennan, a clairement indiqué le 1er mai que les 28 pages du rapport de l’enquête parlementaire conjointe sur le rôle de la Maison des Saoud et d’autres dignitaires saoudiens dans les attentats du 11 septembre 2001 ne seraient pas divulguées. Le président Obama continuera donc à cacher la vérité, sous prétexte que les informations qu’elles contiennent se sont révélées « fausses », bien que d’autres documents divulgués l’été dernier par le gouvernement démontrent amplement la complicité des Saoudiens.

Les Saoudiens, le terrorisme et la protection d’Obama

Pour l’américain Lyndon LaRouche, c’est un motif suffisant pour exiger la destitution de Barack Obama, qui protège ainsi a posteriori les responsables de crimes particulièrement odieux. Alors que l’invasion de l’Afghanistan et la guerre en Irak ont été lancées au nom de la lutte contre le « terrorisme international », à ce jour la vérité sur la source du financement des terroristes d’al-Qaïda est délibérément étouffée.

Ainsi, les Saoudiens ont pu continuer à financer et entraîner des islamistes radicaux, y compris en Europe, pour mener le djihad. Ce sont aussi les « rebelles » syriens soutenus par Riyad qui ont torpillé les négociations de Genève. Entre-temps, Obama a envoyé 250 membres des forces spéciales américaines combattre sur le terrain en Syrie, tout en organisant de nouvelles interventions militaires en Libye.

Dans ce contexte, les appels à lever le secret Défense sur ces 28 pages se multiplient et se durcissent. Un des principaux porte-parole du mouvement est l’ancien sénateur démocrate de Floride, Bob Graham, qui avait présidé l’enquête sur le 11/9 au Congrès et supervisé la rédaction du rapport final. Dans une interview le 28 mai sur National Public Radio, Graham a appelé à rouvrir l’enquête, tout en accusant le FBI d’avoir menti à la commission du Congrès pour couvrir les Saoudiens.

Le FBI

Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait que les administrations Bush-Cheney et Obama avaient protégé la famille royale wahhabite contre les intérêts des citoyens américains, il a répondu sans hésiter :

Oui. Et je pense que c’est plus qu’une dissimulation : il s’agit de ce que j’appelle d’une énorme tromperie. A plusieurs occasions le FBI a divulgué au public des déclarations qui, et je le sais par expérience personnelle, n’étaient pas vraies.

Devant l’étonnement de son interlocuteur, Graham a répété :

C’est plus qu’une dissimulation. Le FBI a fait de fausses déclarations par rapport à ce qui figure dans ses dossiers, sur la situation à Sarasota [Floride].

L’ancien sénateur a également accusé le FBI d’avoir refusé de fournir au Congrès des milliers de documents sur les Saoudiens. Selon l’amiral John Lehman, c’est le directeur du FBI Robert Mueller qui a personnellement exigé la suppression des 28 pages.

Pure coïncidence ? Louis Freeh, l’ancien directeur du FBI de 1993 à juin 2001, a été engagé en 2009 par le prince saoudien Bandar ben Sultan pour le défendre devant la justice américaine contre des accusations de corruption.