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L’UE rejette le projet Transaqua et condamne l’Afrique à plus de Lampedusa

12 octobre 2013

La noyade tragique de centaines d’Africains au large de Lampedusa, en Sicile, a obligé les médias et les hommes politiques à parler du problème des migrants africains vers l’Europe, mais de manière hypocrite.

En effet, on se cantonne à débattre des mesures répressives ou d’accueil, ou encore d’une surveillance renforcée des côtes africaines, comme si c’était une solution pour les Africains en désespoir qui fuient la pauvreté, le désordre civil et la guerre.

L’attitude de la Commission européenne est particulièrement odieuse. Son président, José Manuel Barroso, a promis de se rendre à Lampedusa pour témoigner de sa préoccupation. Mais cette même Commission est responsable du génocide en cours, pour avoir gaspillé les fonds de l’UE prévus pour l’Afrique dans des micro initiatives inutiles, au lieu de promouvoir de grands projets d’infrastructure essentiels pour inverser la situation, rejetés par l’UE pour des raisons « environnementales ».

Tout récemment, en réponse à une question de la députée européenne Cristiana Muscardini, le commissaire européen au développement Andris Piebalgs a rejeté le projet de transfert d’eau du Congo au lac Tchad – le Transaqua – précisément avec cet argument. En s’appuyant sur un rapport de l’Alerte stratégique, Muscardini avait noté que la sévère souffrance des Africains au Sahel pouvait « être soulagée si l’on trouvait un moyen d’apporter de l’eau à la région ».

La députée a demandé à la Commission si elle était au courant du projet Transaqua, et si oui, pourquoi il n’avait pas été pris en considération, et si la version réduite du projet, le transfert d’eau de l’Oubangui, avait été lancé.

Dans sa réponse, Piebalgs affirme que l’UE est effectivement au courant du Transaqua, mais il l’a délibérément confondu avec le projet de l’Oubangui pour le rejeter au motif que « les études préliminaires de faisabilité indiquaient que le projet impliquerait des risques environnementaux majeurs ».