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L’Otan continue les provocations

18 décembre 2015

Sur le terrain au Moyen-Orient, la Turquie continue de provoquer la Russie, ce qu’elle ne se permettrait pas sans l’aval de Washington et de Londres. Après avoir abattu un bombardier russe Su-24 dans l’espace aérien syrien [1] (action défendue publiquement par les représentants de l’OTAN), Ankara a lancé une invasion au nord de l’Irak, conduisant le gouvernement irakien à porter plainte au Conseil de sécurité de l’ONU et à exiger des sanctions.

Alors que l’intervention turque implique, à ce jour, moins de 1000 soldats, des sources sur place estiment que le gouvernement turc, de mèche avec la faction kurde de Barzani en Irak, a l’intention de lancer une offensive militaire pour libérer Mossoul de Daech. Si une telle victoire contre Daech serait, en soi, la bienvenue, l’idée de la présenter comme étant l’œuvre des seules forces sunnites et kurdes servirait ensuite de prétexte pour créer un protectorat turc dans le nord de l’Irak. Cela aboutirait à la dissolution du pays en entités séparées – sunnite, kurde et chiite.

Une autre provocation flagrante est l’annonce de la possible adhésion du Monténégro et de la Macédoine à l’OTAN. L’expansion de l’alliance militaire vers l’Est, en violation des engagements pris lors de la réunification de l’Allemagne, a poussé Moscou à investir considérablement dans la modernisation de son arsenal nucléaire et de ses moyens de défense contre une première frappe de l’OTAN. Pendant ce temps, les États-Unis viennent de tester des missiles anti-ballistiques Aegis Ashore, ayant vocation à lancer une première frappe contre la capacité de riposte nucléaire de la Russie et de la Chine. Au cours d’un entretien avec la chaîne internationale d’actualité russe RT, l’expert en matière d’armes atomiques, Theodore Postol, a tiré la sonnette d’alarme, estimant que le monde n’a jamais été aussi près d’un affrontement thermonucléaire.

Le gouvernement russe a pris d’autres mesures contre Daech au cours de la dernière semaine, publiant en particulier les preuves de l’implication du groupe dans le trafic mondial d’héroïne et d’opium originaire d’Afghanistan. Daech est apparu dans les régions d’Afghanistan aux frontières du Pakistan, du Tadjikistan et de la Chine, où passent la majorité des itinéraires de trafic. Les revenus que Daech tire de son trafic d’héroïne et d’opium à destination de la Russie et de l’Europe, sont aujourd’hui estimés à plus d’un milliard de dollars par an.


Notes

[1La Turquie est le premier pays membre de l’OTAN dans l’histoire à abattre un bombardier russe, lors d’une action préméditée. Derrière cet acte se trouve la folle politique du « grand leader », Recep Tayyip Erdogan, et de son lieutenant, le Premier ministre Ahmet Davutoglou, qui rêvent de reconstruire un « Empire ottoman » en Asie du Sud-ouest. L’ordre d’abattre le bombardier russe Su-24 le 24 novembre, près de la frontière turco-syrienne, est venu du président Recip Erdogan lui-même. Cela montre aussi sans aucune ambiguïté que la Turquie, sous la direction du gouvernement actuel, est alliée à l’Etat islamique (Daech) et s’oppose aux efforts visant à forger une alliance entre l’Europe, la Russie et les Etats-Unis pour le vaincre dans les semaines à venir. Peu avant que le F-16 turc n’abatte le Su-24, la Russie avait bombardé des raffineries de pétrole et frappé, selon ses estimations, un millier de camions-citernes transportant du pétrole vers la Turquie. Lorsque les rebelles kurdes ont tenté de bloquer la frontière, la Turquie a répondu par des bombardements afin de garder ouverte la centaine de kilomètres de frontière commune. Différents médias turcs et occidentaux ont révélé que le fils d’Erdogan est l’un des principaux coordinateurs de la contrebande avec Daech.