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L’OTAN joue avec le feu aux frontières de la Russie

29 juin 2016

Un exercice militaire géant a été lancé le 6 juin depuis Varsovie, avec la participation de l’OTAN, impliquant pas moins de 31 000 soldats et des forces de 24 pays. Baptisé « Anakonda 16 », l’exercice est censé faciliter la défense de pays membres de l’OTAN comme la Pologne et les États baltes contre une éventuelle attaque ennemie (en l’occurrence de la Russie). L’alliance militaire « occidentale » conduit en même temps trois autres manœuvres dans la même région, ce qui mettrait vraisemblablement environ 50 000 soldats en action tout près des frontières russes.

D’autre part, les manœuvres navales BALTOPS se poursuivent dans la mer Baltique, de même que Saber Strike 16 dans les trois États baltes et l’exercice aéroporté Swift Response 16 en Pologne et en Allemagne. L’objectif est de « répéter » les conditions d’une éventuelle guerre contre la Russie.

Comme l’a fait remarquer Helga Zepp-LaRouche le 11 juin, la dernière fois qu’une telle escalade militaire a eu lieu en Europe de l’Est, ce fut en 1941, lorsqu’Hitler lança l’invasion de l’Union soviétique, « un parallèle que ne manque pas de faire la population russe ». Cette fois-ci cependant, nous sommes au bord d’une Troisième Guerre mondiale, qui pourrait entraîner l’extinction pure et simple du genre humain.

Cette démonstration de force massive vise à planter le décor du Sommet de l’OTAN devant se dérouler à Varsovie les 8 et 9 juillet prochains. Par ailleurs, l’USS Porter, l’un des quatre destroyers américains équipés du système antimissile Aegis et attachés à la base de Rota, en Espagne, est arrivé dans la mer Noire le 6 juin et doit se rendre dans le port bulgare de Varna.

La réponse de la Russie

La Russie a répondu comme prévu à ce scénario de guerre intégré de la part de l’OTAN. Des unités russes sont en route vers l’ouest du pays et ont commencé le 7 juin un exercice de trois jours en Crimée et dans la région de Rostov, où des pilotes russes s’entraînent à neutraliser les systèmes de défense antimissiles américains installés le long de la frontière russe. Comme l’a souligné le ministre adjoint russe de la Défense Anatoly Antonov, ses compatriotes considèrent que ces systèmes visent en réalité à éliminer la capacité russe à répondre à une attaque nucléaire surprise contre sa force stratégique.

S’il surveille de très près les actions de l’OTAN, le Kremlin n’a pas l’intention de céder à la panique ni de réagir de manière agressive. Les Russes sont particulièrement préoccupés par l’attitude du Président Obama, qui refuse même de discuter des implications de l’installation, sur le territoire européen, du bouclier de défense antimissile américain, malgré les nombreuses tentatives de Vladimir Poutine en ce sens.

Une « guerre nucléaire limitée »

Ce n’est un secret pour personne que, contrairement à l’époque de la Destruction mutuelle assurée (MAD), le recours à l’arme nucléaire n’est plus considéré aujourd’hui comme « inconcevable » par les dirigeants de l’OTAN. L’idée qui s’impose depuis un certain temps est qu’une « guerre nucléaire limitée » peut être lancée et gagnée, car les technologies modernes offriraient à l’agresseur la capacité d’éliminer tout moyen de représailles (deuxième frappe) par l’adversaire (toujours la Russie) dans le cadre d’une attaque nucléaire surprise.

En fait, comme l’a fait récemment remarquer le général Ben Hodges, commandant de l’Armée américaine en Europe, la position de l’OTAN dans les pays baltes est passée de celle de l’« assurance » à celle de la « dissuasion ». Cela signifie concrètement le renforcement constant des forces et des équipements militaires sur les frontières russes, augmentant par là le danger de voir un banal incident déboucher sur une guerre généralisée.

La seule solution intelligente est de quitter l’OTAN pour adopter une architecture de sécurité inclusive, prenant en compte l’intérêt de toute l’Eurasie, la Russie comprise.