« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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L’Afrique se fait entendre à l’Assemblée générale des Nations unies

16 octobre 2017

L’esprit grandissant d’optimisme et de confiance en Afrique, dû en grande partie aux grands projets que la Chine a contribué à construire et à financer, s’est exprimé cette année à l’Assemblée générale des Nations unies lors des interventions de différents chefs d’Etat africains.

Ils ont tous été unanimes à souligner l’urgence d’un combat efficace contre la violence, le terrorisme et l’extrémisme, notamment en luttant contre la pauvreté et assurant le développement économique, ce qui constitue aussi la clé pour mettre fin à la crise des réfugiés et des migrants.

En plus de l’initiative de la Ceinture et la Route, de nombreux pays africains comptent sur la dynamique des BRICS pour ouvrir de nouvelles perspectives. Cette année, l’Egypte et la Guinée figuraient parmi les cinq pays non membres à être invités – pour la première fois – à assister au sommet des BRICS qui s’est tenu début septembre à Xiamen, en Chine.

A l’ONU, le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi a déclaré le 19 septembre que l’Afrique « est au cœur de la politique étrangère égyptienne ». C’est en Afrique que « se trouvent nos racines historiques, et c’est en Afrique que nous puisons la fierté de notre identité et notre sens profond d’appartenance. L’Afrique est maintenant vulnérable aux mêmes menaces sécuritaires que dans la région arabe et constitue un exemple majeur de la crise de l’ordre économique mondial actuel qui perpétue la pauvreté et les inégalités. Cet ordre international porte une grande responsabilité pour les crises économiques, politiques et sociales qui menacent la stabilité et la paix internationales, rendant inutile toute discussion des objectifs de développement durable. »

El-Sissi a condamné à plusieurs reprises l’ordre actuel et son recours à l’utilisation « de la force et des jeux à somme nulle ».

Alpha Condé, le président de Guinée qui détient actuellement la présidence de l’Union africaine, a déclaré devant l’assemblée générale que l’Afrique, « jadis subjuguée, corvéable et malléable à dessein, et marginalisée s’est éveillée ». Pour lui, le « XXIème siècle sera sans doute un siècle où les Africains vont davantage compter et de façon décisive, car il y a un sentiment de plus en plus marqué chez les dirigeants et la jeunesse africaine que l’heure du renouveau est venue. » Ils sont « déterminés à écrire une nouvelle page de l’histoire de l’humanité. »

Le président guinéen a rappelé que le retard de l’Afrique « n’est pas une fatalité. L’Afrique a été le continent le plus dynamique au cours de cette dernière décennie. Selon les prévisions du FMI et de la Banque mondiale, cette croissance se poursuivra en dépit de la chute des prix des matières premières fixés en dehors du continent, et dont nos économies restent fortement dépendantes. » Il a ensuite plaidé pour la diversification des économies, l’industrialisation et les infrastructures.

Représentant l’Afrique du Sud, qui est déjà membre des BRICS, le président Zuma a lancé une attaque en règle contre la politique occidentale de changement de régime. Il parle en connaissance de cause, puisque lui-même fait actuellement l’objet d’une telle opération qui est soutenue par des intérêts financiers désireux de piller le pays.