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Jean Ziegler nommé par l’ONU pour enquêter sur les fonds vautours

14 octobre 2014

La Commission des droits de l’homme de l’ONU vient de mandater l’ancien député suisse Jean Ziegler, grand combattant des droits de l’homme, pour diriger une commission d’enquête sur les activités des hedge funds. Cette commission, composée de dix-huit experts internationaux, a été mise sur pied suite au vote le 26 septembre dernier d’une résolution déposée par l’Argentine condamnant ces fonds pour atteinte aux droits de l’homme et au droit au développement.

Âgé aujourd’hui de 80 ans, Ziegler enquête depuis des années sur les crimes bancaires, notamment ceux des banques suisses. Il a acquis une grande autorité lorsque, en tant que Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la nourriture, il avait dénoncé l’utilisation de la nourriture pour créer des biocarburants, y voyant « un crime contre l’humanité ».

Discutant de ses nouvelles responsabilités avec le journal argentin Pagina 12 du 5 octobre, il a souligné les coûts supplémentaires énormes que les fonds vautours imposent aux pays les plus pauvres, qui sont obligés de remettre en cause des programmes essentiels (éducation, santé, recherche, etc.) pour se défendre en justice. Leurs « pratiques en Grèce et dans la République démocratique du Congo seront également examinées », a-t-il précisé.

Ces groupes financiers incarnent « la quintessence de la criminalité bancaire. Ce ne sont pas des fonds d’investissement. (...) Ces entités ne sont pas enregistrées, elles sont en dehors de la légalité internationale, multilatérale et binationale et, dans bien des cas, en dehors de la légalité nationale. Tout ceci, bien sûr, doit être prouvé, et j’ai l’intention de le faire. ».

Ce sera une bataille difficile, a-t-il prévenu, car de lourdes « pressions » seront exercées par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et leurs alliés.

La question clé, a-t-il ajouté, est de savoir « qui est derrière » les fonds vautours. Il a mentionné certaines grandes banques comme Goldman Sachs et l’UBS, tout en soulignant que les fonds vautours font le « sale boulot » de l’oligarchie financière, par exemple « en combattant l’Etat argentin dans les cours américaines. Je suis convaincu que ce ne sont pas de simples spéculateurs isolés ».