« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Itar-TASS interroge Helga Zepp-LaRouche sur la menace de guerre

5 février 2015

La présidente de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, s’est rendue le 30 janvier à Copenhague pour y animer un séminaire diplomatique.

C’est dans ce cadre qu’un correspondant d’Itar-TASS, l’agence officielle de la Fédération de Russie, a réalisé un entretien avec Helga Zepp-Larouche, dont nous publions ici le compte-rendu. Une version russe est postée sur le site ru.euronews.com.

La présidente de l’Institut Schiller veut unir les efforts de l’UE, des États-Unis et des BRICS
Par Nikolai Morozov, agence TASS, à Copenhague le 3 février 2015.

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Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente de l’Institut Schiller

La nécessité d’un nouvel ordre économique mondial et de nouvelles relations internationales constitue l’idée centrale des discours prononcés par Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente de l’Institut Schiller, au cours de sa tournée dans plusieurs capitales européennes.

A Copenhague, elle s’est adressée à une réunion de diplomates, qui a eu lieu au Centre russe pour la science et la culture.

Elle estime que le monde se dirige aujourd’hui vers une impasse, avec la menace d’un effondrement économique et d’une guerre nucléaire. Afin d’empêcher de telles catastrophes, le cours des événements mondiaux doit être changé. Pour y arriver, pense-t-elle, l’Union européenne et les Etats-Unis devraient se rallier aux BRICS pour la construction du Pont terrestre eurasiatique, amorcé par le Président chinois Xi Jinping et baptisé « Nouvelle route de la soie ». Zepp-LaRouche suggère également que la Grèce devienne un pont entre l’Occident et les BRICS.

«  Aucune des promesses faites à la Russie au moment de la désintégration de l’Union soviétique n’a été tenue, et on n’a répondu à aucune de ses offres de coopération », a déclaré Helga Zepp-LaRouche dans un entretien avec l’agence. « Cela est dû au fait que les néoconservateurs américains au sein de l’administration de Bush père, à cette époque, ont adopté la politique mise de l’avant par le Projet pour un nouveau siècle américain (PNAC), incarnant l’idée que les États-Unis allaient régner en tant qu’empire mondial. »

« Toutes les décisions prise par la suite, comme les changements de régime effectués au moyen des révolutions de couleur, la construction d’un système de défense antimissile balistique en Europe, et l’élargissement de l’OTAN et de l’Union européenne vers l’est, jusqu’aux frontières russes, étaient simplement une élaboration de cet objectif stratégique », a-t-elle ajouté. « En même temps, la doctrine de Destruction mutuelle assurée de l’OTAN (MAD), a été remplacée par le concept de Première frappe. C’est pourquoi on trouve à l’heure actuelle en Occident un concert grandissant de voix, d’éminents stratégistes, qui sonnent l’alarme du danger immédiat de troisième guerre mondiale. »

« Depuis l’abrogation de la Loi Glass-Steagall en 1999, éliminant toute régulation bancaire, le monde est tombé dans les mains de prédateurs, où peu de gens s’enrichissent au détriment de milliards d’être humains soumis à la souffrance, avec l’aide d’un système financier qui est devenu essentiellement un casino. Il y a une énorme pyramide de produits dérivés impayables, qui est la véritable cause du danger de guerre. »

«  Il y a à l’heure actuelle une âpre bataille pour la véritable identité des Etats-Unis », a rapporté Zepp-LaRouche. Elle a expliqué que la lutte se situe entre la faction impériale, qui vise la domination mondiale, et les forces qui souhaitent restaurer les Etats-Unis en tant que république, conformément à l’intention des pères fondateurs.

« Il y a une lutte à finir pour mettre fin à l’emprise dictatoriale de Wall Street sur le Congrès, avec la déposition d’une loi visant à restaurer Glass-Steagall. Si les Etats-Unis devaient revenir à leur politique économique originelle, ils pourraient très bien s’entendre avec les nouvelles institutions de crédit établies par les BRICS, telles la Nouvelle banque de développement et l’AIIB (Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure) », a-t-elle confié à TASS. « Les Etats-Unis pourraient revenir à la politique étrangère développée par John Quincy Adams (…) ; cela correspond exactement à celle de Xi Jinping, son approche gagnant-gagnant dans la construction de la Nouvelle route de la soie, ou à celle de Narendra Modi et Vladimir Poutine. »

Zepp-LaRouche estime que « tout dépendra de notre capacité à imposer à temps l’alternative d’un nouveau paradigme fondé sur la collaboration. L’humanité est arrivée à un point tournant : soit nous définissons notre intérêt commun du point de vue de l’avenir, ou nous pourrions bien ne plus exister. C’est pourquoi l’Institut Schiller est impliqué, à l’heure actuelle, dans une campagne internationale pour convaincre de plus en plus d’individus et de pays à l’idée que se donner la main pour un objectif commun est la seule porte de sortie raisonnable à la troisième guerre mondiale. »

Helga Zepp-LaRouche a fondé l’Institut Schiller en 1984, dans le contexte de la crise des missiles de moyenne portée du début des années 1980. Son objectif était de développer une conception différente des relations internationales, et l’Institut fut nommé en l’honneur de Friedrich Schiller (1759-1805), car sa fondatrice estimait qu’un nouvel ordre économique mondial juste ne pouvait être qu’accompagné d’une renaissance dans le domaine de la culture.