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Israël : des responsables de la sécurité s’unissent contre les plans de guerre de Netanyahou

10 décembre 2011

Selon Ha’aretz, une « alliance stratégique » d’experts de la sécurité, conduite par l’ancien chef du Mossad Meir Dagan, s’est forgée en contrepoids à la politique de frappe militaire contre l’Iran soutenue par le Premier ministre Netanyahou et son ministre de la Défense Ehoud Barak.

Depuis sa démission du service de renseignement israélien en janvier dernier, Dagan affiche publiquement son opposition, et plus encore depuis l’avertissement sur une troisième guerre mondiale lancé le 29 octobre par Lyndon LaRouche. Dans des interviews à la télévision israélienne les 29 novembre et 1er décembre, Dagan s’en est pris énergiquement à la stratégie du gouvernement :

« Je m’inquiète de possibles erreurs et je préfère parler avant qu’une catastrophe se produise. Je pense que s’engager les yeux ouverts dans une guerre régionale ne se justifie que lorsque nous sommes sous attaque ou que le couteau s’enfonce déjà dans notre gorge. Ce n’est pas une alternative que l’on peut choisir à la légère. »

Quant aux conséquences d’une telle guerre, Dagan estime que « le niveau de destruction et de paralysie de la vie quotidienne, ainsi que le nombre de morts israéliens seraient élevés ». Récemment, Barak a déclaré qu’Israël disposait de moins d’un an pour effectuer une attaque militaire, affirmation qui « préoccupe » Dagan, pour qui ce calendrier est exagéré.

Dans le contexte d’un conflit régional, précisa Dagan, Israël pourrait se trouver en guerre avec l’Iran, le Hezbollah, le Hamas et même la Syrie.

Cette nouvelle alliance stratégique regroupe des experts militaires et de sécurité, dont Gabi Ashkenazi, l’ancien chef d’état-major de l’armée, et Yuval Diskin, ancien patron du Shin Bet (sécurité intérieure). Naguère, c’est la faction d’Ashkenazi qui avait cherché à conclure un accord de paix avec la Syrie, contre la faction de Netanyahou et Barak. Le groupe vise à opérer un changement rapide de système politique, sans doute aussi en matière des pouvoirs de guerre.

Si les dirigeants de la Ligue arabe et de la Turquie semblent inconscients de la catastrophe vers laquelle les mène l’empire britannique, le Hezbollah rejoint Dagan, au moins sur ce point. Lors d’une cérémonie du Hezbollah à Beyrouth le 11 novembre, le dirigeant du mouvement, Hassan Nasrallah, déclara : « Ce n’est pas une menace, mais quiconque possède un tant soit peu de bon sens peut comprendre qu’une frappe israélo-américaine sur l’Iran ou une intervention militaire en Syrie finiront en guerre régionale. »