« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Helga Zepp-LaRouche interviewée dans le quotidien national grec Hellada

26 février 2013

Une longue interview avec Helga Zepp-LaRouche, la présidente de l’Institut Schiller et du Mouvement des droits civiques Solidarité, est parue le 25 février dans Hellada (Grèce).

C’est l’un des plus importants commentateurs du quotidien grec, le Dr. Nicolas Laos, qui avait formulé sept questions auxquelles il a demandé à Zepp-LaRouche de répondre par écrit. Trois ont été traduites et publiées dans leur intégralité, les quatre autres résumées. Toutes les questions portaient directement sur la crise financière et stratégique actuelle. Laos lui a demandé d’abord de commenter les causes de la crise financière et économique en Europe, en particulier dans la zone euro, « où de vastes programmes d’austérité publique » sont imposés par l’Etat, puis d’esquisser « une solide politique de développement socio-économique ».

En réponse, la dirigeante de l’Institut Schiller a dénoncé le changement de paradigme qui s’est effectué, en particulier la transition « d’une production fondée sur les progrès scientifique et technologique vers le monétarisme et l’idée que ‘l’argent fait l’argent’, suite à l’abolition du système de Bretton Woods par le président américain Nixon, à la création des marchés offshore non régulés et à l’adoption de taux de change flottants ». Depuis lors, « un marché de produits dérivés s’est développé sans aucune régulation », qui dépasse l’économie réelle mondiale de plusieurs ordres de grandeur.

Quant à l’Europe, dit-elle : « L’imposition du système de l’euro, qui était le ‘prix à payer pour la réunification allemande’ n’a jamais été faite dans l’intention de créer une économie européenne prospère mais plutôt de faire revenir l’Europe au stade d’Etat féodal et désindustrialisé soumis à une dictature supranationale, comme l’attestent divers aveux de Giuliano Amato, Jacques Attali ou Jean-Claude Juncker. La crise actuelle au sein de la zone euro n’est pas un dérapage d’une politique par ailleurs bien intentionnée, elle est le fruit d’un ‘changement de régime’ intentionnel, pour passer d’Etats-nations souverains à une dictature féodale, dans laquelle l’UE devient le partenaire junior d’un empire à domination anglo-américaine, qui n’est qu’une autre façon de dire ‘mondialisation’. Tous les peuples européens sont devenus les victimes de cette politique. Le peuple grec est évidemment celui qui a été le plus durement frappé, mais l’Allemagne aussi se laisse ruiner. »

Quant à la politique économique à mettre en œuvre, Zepp-LaRouche a montré la nécessité de rétablir immédiatement une séparation complète des métiers de banque, à la Glass-Steagall, et de supprimer les actifs toxiques, plutôt que de faire payer les contribuables. A cela doit suivre la création d’un système de crédit et « la restauration de l’économie réelle par de grands projets bien définis, comme le NAWAPA pour le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, ainsi que le Programme de développement du Sud de l’Europe, de la Méditerranée et de l’Afrique élaboré par l’Institut Schiller.

La deuxième question portait sur « l’expansion asymétrique du capitalisme financier vis-à-vis de l’économie réelle » et la nécessité de percées technologiques pour révolutionner l’économie. Zepp-LaRouche a montré que Ben Bernanke à la Réserve fédérale américaine aussi bien que Mario Draghi à la Banque centrale européenne ont opté pour une politique hyperinflationniste afin de pouvoir régler les dettes spéculatives privées aux dépens de la population.

Quant aux percées technologiques, Zepp-LaRouche a fait référence à la récente pluie de météorites en Russie et au survol de l’astéroïde qui ont provoqué un choc salutaire, du fait que de tels impacts pourraient éradiquer la population terrestre. « Les êtres humains, cependant, sont la seule espèce capable de créativité et de compréhension des principes physiques de l’univers. Par conséquent, nous pouvons en principe être à la hauteur de ces défis, si nous changeons de politique. L’exploration spatiale n’est pas optionnelle, elle est obligatoire pour pouvoir résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. L’atterrissage récent sur Mars du rover Curiosity nous donne toutes les raisons d’être optimistes et de croire que nous n’en sommes qu’au début de l’âge de la colonisation de l’espace. »