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Glencore : un choc systèmique à venir ?

21 octobre 2015

Tandis que dans son Rapport sur la stabilité financière dans le monde le Fonds monétaire international met en garde contre le prochain krach financier, des commentateurs alarmés se demandent si la crise chez Glencore peut être comparée à la faillite de Lehman en 2008 ou à celle de Bear Stearns en 2007. Analysant le rapport du FMI, le Guardian de Londres titre : « Le prochain krach arrive – avant d’avoir réparé les failles du dernier. »

De son côté The Economist du 3 octobre s’alarme : « le système se fissure ». Tout en appelant à une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif pour maintenir la bulle à flot, il admet que si le Congrès américain imposait aux banques une régulation plus stricte alors la politique de renflouement bancaire pourrait ne plus être appliquée comme en 2008. Sans mentionner les mots « Glass-Steagall », le quotidien londonien fait sans doute allusion aux propositions de loi déposées dans les deux chambres, qui font l’objet d’un débat public de plus en plus vif.

Dans le même temps, la crise de Glencore suscite la panique sur le marché obligataire. D’autres grands négociants de matières premières, comme Trafigura, Vitol et Noble, subissent la même augmentation des coûts d’emprunt que Glencore, ce qui rend leur activité non rentable. Malgré cela les banques continuent à refinancer leurs dettes. Dans le cas de la société Glencore, une soixantaine de banques lui ont prêté des fonds, qu’elle a aussitôt réinvestis auprès de producteurs de pétrole en pariant sur un prix du baril à 100 dollars, voire plus. Entre-temps, les prix du pétrole et des matières premières ont chuté, entraînant avec eux des millions de milliards de produits dérivés.

Dans son rapport sur la stabilité financière, le FMI accusent la Chine et les marchés émergents d’avoir provoqué l’effondrement du marché des matières premières, et tente de leur faire porter la responsabilité du choc systémique à venir.

En réalité, la Chine a importé plus de matières premières qu’en 2014, mais la chute des prix a fait baisser la valeur monétaire des importations.

En résumé, la bulle créée par les banques est en train d’éclater, faisant tomber avec elle l’ensemble du système financier. Faute d’avoir remédié aux origines de la crise de 2007-2008, à savoir le démantèlement des régulations de Glass-Steagall, toute tentative de le sauver aujourd’hui provoquera une explosion hyperinflationniste.