« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Faire revivre la vision de Krafft Ehricke, le grand pionner de l’espace

17 avril 2017

Le Forum pour l’Énergie de Fusion (FEF) et l’Institut Schiller ont organisé le 25 mars à Munich une conférence en l’honneur du centenaire du Dr. Krafft Ehricke, où les quelque 130 participants ont discuté de sa vision optimiste de l’avenir de l’humanité, la resituant dans la perspective actuelle de la Nouvelle Route de la soie.

L’impératif extraterrestre de l’homme

Après l’allocution d’ouverture de Werner Zuse du FEF, qui a salué la présence dans la salle de l’économiste américain Lyndon LaRouche, Marsha Freeman, la rédactrice scientifique de EIR et biographe de Krafft Ehricke, a passé en revue sa vie et son extraordinaire œuvre. Son concept d’ « impératif extraterrestre de l’homme » reposait sur une vision d’une civilisation humaine qui, grâce à l’exploration et la colonisation de l’espace, serait enfin libérée des guerres et de la pauvreté ouvrant la possibilité d’exploiter pleinement la créativité illimitée de l’homme.

Ehricke avait conçu des projets véritablement visionnaires, comme de « Selenopolis », une colonie humaine permanente sur la Lune dotée de l’énergie de fusion et d’un système de transport par lévitation magnétique, ou encore « Astropolis », une station spatiale permanente aussi grande qu’une ville. La contribution personnelle de ce grand savant, né en 1917, au développement de la technologie spatiale et aux missions spatiales est sans conteste, d’où l’importance de rendre son œuvre accessible à la jeune génération.

Mme Freeman était suivie par Jacqueline Myrrhe, une journaliste de l’espace bien connue en Allemagne qui édite la revue en langue anglaise Go ! Taikonaut !, et qui a donné une vue d’ensemble enthousiasmante du programme spatial chinois.

L’humanité : une « espèce spatiale »

La séance de l’après-midi a été ouverte par Helga Zepp-LaRouche, présidente de l’Institut Schiller, qui avait collaboré avec Krafft Ehricke depuis leur première rencontre au début des années 1980 jusqu’à son décès prématuré en 1984, période pendant laquelle il est devenu membre du conseil de l’Institut. Il était fermement convaincu, a souligné Mme Zepp-LaRouche, que la prochaine étape de l’évolution de l’espèce humaine consistait à franchir les limites de la Terre pour devenir une « une espèce spatiale ».

Les participants ont ensuite entendu l’astronaute suisse Claude Nicollier, qui a décrit sa propre expérience dans l’espace, dont quatre missions sur la navette spatiale, comprenant deux missions d’entretiens du télescope Hubble. Aujourd’hui président du Centre spatial suisse à Lausanne, Nicollier croit, tout comme Ehricke, que l’espace est le grand défi qu’il reste à relever. Le programme d’exploration lunaire a été abandonné, a-t-il déploré, mais la station spatiale internationale et le télescope Hubble sont des étapes importantes, et il est convaincu que de nouvelles missions habitées suivront.

Un message soutenant la remise en honneur du legs de Krafft Ehricke est venu de Thomas Stafford, ancien astronaute américain des missions Gemini.

La créativité humaine

Le professeur Carl-Otto Weiss, un ancien directeur de l’Institut national de Métrologie d’Allemagne, a ensuite consacré sa présentation à l’importance de la créativité humaine, seule ressource de l’humanité à même de garantir un futur. Certes, les attaques contre la science par les écologistes et les fanatiques du changement climatique ont rendu la population pessimiste, a-t-il reconnu. Mais l’ingéniosité dont a fait preuve l’humanité au cours de l’évolution nous rend confiants dans sa capacité à résoudre tous les problèmes – grâce à la science, à la créativité et au développement.