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Avec l’alliance de l’Amérique du Sud et des BRICS « la ligne rouge » est franchie

10 août 2016

Au cours d’une interview de deux heures conduite le 23 juillet, l’ancienne présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner a déclaré aux journalistes que les déstabilisations actuellement en cours dans plusieurs pays ibéro-américains – dont le Venezuela, le Brésil et la Bolivie – découlent du fait que ces gouvernements et d’autres ont décidé de s’allier aux pays du groupe BRICS, déclenchant une « alerte rouge » aux États-Unis et en Europe.

De nombreux gouvernements, a-t-elle expliqué, y compris le sein et celui de son prédécesseur et mari Néstor Kirchner, avaient signé des accords stratégiques avec la Russie et la Chine. Puis, dans le « pré carré » de Washington, le président Poutine et le président Xi Jinping ont assisté au sommet des BRICS à Fortaleza (Brésil) en juillet 2014, avant de rencontrer les responsables d’organisations régionales des Caraïbes et d’Amérique centrale et du Sud pour discuter du développement des infrastructures. La Nouvelle banque de développement des BRICS a été créée et présentée comme « une alternative au Fonds monétaire international ». Les États-Unis se sentaient donc menacés par le monde multipolaire qui se dessinait.

Aujourd’hui en Amérique du sud, selon l’ancienne présidente argentine, les gouvernements, soucieux de protéger le droit des citoyens au développement économique et social, sont attaqués à cause de leur défense de la « multipolarité » qui s’est développée dans le cadre des BRICS.

Par ailleurs, a poursuivi Fernández, le même modus operandi utilisé contre elle – un système judiciaire corrompu et des médias sous influence qui choisissent des cibles à persécuter – est visible dans toute la région, mais il est particulièrement vicieux au Brésil contre la présidente Rousseff. Alors qu’il a fallu dans le passé un putsch militaire pour faire passer la politique du cartel financier international, aujourd’hui on pervertit le système judiciaire pour arriver au même but.