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Désaccords croissants sur la politique de l’UE et de l’OTAN

20 décembre 2017

Lors du Sommet de l’Union européenne à Bruxelles les 14 et 15 décembre, le manque d’unité était si flagrant que l’on se demande comment ce conglomérat de 27 pays pourra survivre. Alors que la Commission européenne projetait de définir une nouvelle politique centralisée sur la répartition des réfugiés d’ici juillet 2018, la proposition a été tout bonnement rejetée par la Pologne, la République tchèque et la Hongrie. De plus, ni le Danemark ni Malte ne participeront à la nouvelle « Union de défense » européenne. Ainsi, la politique « de taille unique » que souhaite imposer Bruxelles ne fonctionne plus.

La Commission a aussi encaissé une fin de non-recevoir dans sa tentative de pénaliser la Pologne pour sa réforme judiciaire, amenant Bruxelles à menacer de couper les fonds à Varsovie et de suspendre ses droits de vote au sein de l’UE. Interrogé à ce sujet le 8 décembre à la chaîne Trwam, le Premier Ministre polonais nouvellement élu Mateusz Marowiecki a répliqué que ses concitoyens « ne se laisseront pas intimider par quiconque ». Marowiecki, qui était ministre des Finances quelques jours à peine avant d’être nommé à son nouveau poste, est fermement opposé à l’économie néolibérale comme l’illustre sa volonté publiquement affirmée de renationaliser les secteurs bancaire et industriel, ce qui conduira tôt ou tard à une confrontation avec les eurocrates bruxellois.

D’autres gouvernements est-européens se sont également montrés rebelles. En République tchèque, le nouveau Premier ministre est l’eurosceptique Ivo Babis, tandis que le président Milos Zeman s’oppose ouvertement à la politique de l’UE vis-à-vis de la Russie et la Chine. La Hongrie, de son côté, prenant acte de ce que l’Union européenne refuse depuis longtemps de financer des projets d’infrastructure, a fait part de son intention de les réaliser avec grâce à la coopération de la Chine.

Enfin, le récent sommet de Budapest, dit 16+1, réunissant les 16 pays d’Europe centrale et de l’Est (PECO) et la Chine, a favorisé différentes initiatives pour l’infrastructure de transport le long de couloirs transfrontaliers. Parmi ces projets en attente de financement depuis 1994, on compte la ligne ferroviaire Belgrade-Athènes, via Skopje, l’autoroute Durres-Varna, ainsi que le canal Danube-Morava.