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Déploiement d’armes et provocation de l’OTAN contre la Russie

8 juillet 2015

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a profité de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, les 20 et 21 juin, suivie de sa visite le lendemain en Allemagne, pour menacer la Russie. Tout en affirmant que l’administration Obama est opposée à une nouvelle Guerre froide, « sans même parler d’une guerre chaude », il a précisé que les Etats-Unis allaient fournir des renseignements et des moyens de surveillance, des forces spéciales, des moyens logistiques et de transport aérien, ainsi qu’une large gamme d’armes à l’Allemagne, à la Norvège et aux Pays-Bas, pays qui seraient prêts à prêter des troupes à la force de réaction rapide de l’OTAN.

« Nous résisterons aux actions de la Russie et à leurs tentatives pour rétablir une sphère d’influence post-soviétique », a-t-il déclaré sur un ton provocateur. Il n’avait en revanche rien à dire sur l’élargissement de la sphère d’influence de l’OTAN.

The Economist de Londres promeut de son côté une « troisième stratégie de compensation américaine » (Third Offset Strategy), visant à permettre aux Etats-Unis de prendre un nouvel avantage dans le domaine des nouvelles technologies en cas de guerre contre la Russie et/ou la Chine. En vertu de cette stratégie, les Etats-Unis mettraient au point des chasseurs-drones, des sous-marins miniatures et autres instruments offensifs et défensifs destinés à la guerre contre ces deux principaux adversaires. The Economist en reconnaît toutefois le hic : qu’arrivera-t-il si le perdant décide de se rabattre sur l’arme nucléaire ?

La politique de l’OTAN à l’égard de la Russie se heurte, heureusement, à une certaine résistance. Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a de nouveau souligné dans une interview à Welt Am Sonntag du 28 juin que, malgré le conflit en Ukraine, la Russie reste un collaborateur essentiel dans les négociations P5+1 avec l’Iran, prévenant que « l’Allemagne ne peut ni abandonner ni isoler la Russie. La Russie est encore l’un des plus grands voisins de l’Union européenne et de l’Allemagne, et aura son mot à dire sur l’avenir de l’Europe, pour le meilleur ou pour le pire. »