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Conférence de Vienne : grand appel aux dirigeants du monde à réduire le risque de guerre nucléaire

17 décembre 2014

Plus de 120 personnalités politiques, militaires et diplomatiques issues de 46 pays ont averti du danger de guerre nucléaire dans une lettre adressée au ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, à l’occasion de la Conférence de Vienne sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, qui s’est déroulée les 8 et 9 décembre dans la capitale autrichienne.

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Conférence de Vienne sur l’impact humanitaire des armes nucléaires
© ICAN France

« Nous estimons que les risques que représentent les armes nucléaires et la dynamique internationale susceptible de mener à leur utilisation sont sous-estimés ou insuffisamment compris par les dirigeants du monde. Les tensions entre Etats et alliances dotés de l’arme nucléaire dans la région euro-atlantique et en Asie du sud et Asie de l’est sont porteuses du potentiel d’erreur de calcul et d’escalade militaires. Vestige de la Guerre froide, trop d’armes nucléaires dans le monde peuvent être lancées à bref délai, augmentant considérablement les chances d’un accident. »

Cinq organisations internationales parrainent la lettre : le Nuclear Security Leadership Council et la Nuclear Threat Initiative aux Etats-Unis, le European Leadership Network et ses homologues asiatique et latino-américain. Les signataires appellent à un effort majeur pour « engager et former un public international de décideurs politiques et de personnes issues de la société civile sur les conséquences catastrophiques de l’utilisation – intentionnelle ou accidentelle – d’une arme nucléaire ».

Parmi les signataires les plus connus : du Royaume-Uni, l’ancien ministre des Affaires étrangères David Owen et les anciens ministres de la Défense Lord Browne et Sir Malcolm Rifkind ; de France, l’ancien Premier ministre Michel Rocard et les anciens ministres de la Défense Paul Quilès et Hervé Morin ; de l’Allemagne, l’ancien ministre de la Défense Volker Ruhe, Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Munich sur la sécurité, et le général allemand Klaus Naumann (cr), ancien chef d’état-major de la Bundeswehr ; l’ancien ministre suédois des Affaires étrangères et directeur de l’AIEA Hans Blix ; l’ancien Premier ministre australien Malcolm Fraser ; et des Etats-Unis, Sam Nunn, Richard Lugar et le général à la retraite James Cartright.

L’ancien directeur de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradeï a aussi envoyé un message à la conférence, mettant en garde contre le danger croissant d’un monde « somnambule allant vers sa destruction », dans son « système dysfonctionnel de sécurité collective ». Il a enjoint les dirigeants du monde à travailler à l’« élimination des vecteurs de l’insécurité et de la guerre » et à travailler sur les vecteurs de la paix.

Les fondements permettant d’amorcer un tel changement sont énoncés dans la résolution que fait circuler à l’échelle mondiale l’Institut Schiller, intitulée : « L’Europe et les Etats-Unis doivent avoir le courage de rejoindre les BRICS ! »