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Changement de cap à Londres, vers un Glass-Steagall

12 juillet 2012

« Cela paraissait soudain qu’une importante faction en Angleterre ait choisi la journée d’hier [le 4 juillet 2012] pour présenter une proposition d’urgence qui pourrait bien mener à une opération de sauvetage de dernier recours de l’ensemble du monde transatlantique (et plus), qui se trouve dans la pire crise économique de l’histoire de l’ Europe moderne. »

C’est par citation que commence une déclaration faite le 5 juillet par Lyndon LaRouche. Il y fait référence au débat intense en Grande-Bretagne sur la manière de survivre à la désintégration du système bancaire, et plus spécialement à un éditorial paru la veille dans le quotidien de la City, le Financial Times, appelant à une séparation totale entre banques de dépôts et banques d’investissement, suivant le « modèle formel du Glass-Steagall ».

Il est devenu clair, écrit la rédaction, que lorsqu’elles fusionnent, « la culture des banques d’investissement à la recherche de profits et agressives, domine. L’esprit plus herbivore de la banque de dépôts – qui privilégie un engagement patient – est marginalisé. Cela semble mener inéluctablement à la prolifération d’activités de trading douteuses sur le plan social et d’abus comme le scandale autour du LIBOR. »

Si le FT soutenait au départ les conclusions de la commission bancaire de Sir Vickers, prévoyant « une séparation interne plutôt qu’une séparation totale au motif que la diversité d’actifs au sein d’une banque universelle pourrait être source de solidité en cas de stress financier, (...) nous sommes maintenant prêts à aller plus loin. Malgré tous les bienfaits de la diversification, les tensions culturelles entre les activités d’investissement et de dépôts ne peuvent être résolues qu’en séparant totalement les deux, sur le modèle formel de Glass-Steagall. »

Ce retournement spectaculaire s’explique par l’accélération de la désintégration de l’Eurozone, sur fond de l’effondrement hyperinflationniste de tout le système financier et bancaire transatlantique, et par la panique qui s’est emparée des institutions politiques et financière ces derniers mois. A cela sont venues s’ajouter les révélations sur la manipulation de l’indice de taux d’intérêt interbancaires de Londres, le LIBOR.

Lyndon LaRouche a tout de suite salué l’ouverture venant de ceux à Londres qui cherchent la survie face à la débâcle qui se profile. Dans la déclaration déjà citée, il souligne la nécessité d’intervenir dans ce sens sans attendre, mais « avec un plan précis de qui fait quoi et dans quel ordre ». LaRouche lui-même a des qualifications démontrées en la matière. En revanche, ce que propose la quasi totalité des économistes et autres monétaristes serait « un désastre pour l’humanité ».

Par conséquent, « il faut suspendre la pratique du monétarisme, y substituant un système de valeurs physiques productives », qui servent de normes pour les valeurs de marché.

Dans une déclaration ultérieure, LaRouche notait que les différents défenseurs britanniques d’une réforme ont proposé de coopérer avec les Etats-Unis pour y parvenir. Il recommande que le gouvernement américain accepte tout de suite l’offre, à condition que cette coopération se base sur « l’engagement à partager les bienfaits d’un bien commun ».