« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Célèbration de l’anniversaire de Friedrich Schiller à New York

11 décembre 2015

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Pour Helga Zepp-LaRouche, présidente et fondatrice de l’Institut Schiller, seul un mouvement de renaissance inspirant la population par la beauté du grand art, pourra libérer les Etats-Unis de leur condition de barbarie.

Le 7 novembre 2015 à New York, l’Institut Schiller, qui porte son nom, célébrait avec Helga Zepp-LaRouche, l’anniversaire du poète et dramaturge allemand Friedrich Schiller (1759-1805), grand défenseur des idées de la Révolution américaine contre la féodalité en Europe et dans le monde,

Créé en 1984 aux Etats-Unis et en Allemagne par Helga Zepp-LaRouche, l’Institut Schiller est devenu un mouvement international qui n’a cessé de mener des campagnes pour l’émergence d’un Nouveau paradigme pour la civilisation au service des objectifs communs de l’humanité. Parmi ces campagnes, citons celles pour la Paix par le développement, une justice économique pour toutes les nations, « La Nouvelle route la soie et le Pont terrestre mondial » et la bataille pour le diapason de Verdi au La 432 hz. Les campagnes de l’Institut Schiller ont inspiré à travers le monde des musiciens, des artistes et des citoyens à « Oser être sage », et à agir. Car pour Friedrich Schiller :

La plus belle de toutes les œuvres d’art, est l’édification d’une vraie liberté politique.

Dans son allocution, Mme Zepp-LaRouche, explique pourquoi les idées et le combat de Friedrich Schiller sont si importantes à notre époque, particulièrement aux Etats-Unis.

Vous trouverez ci-dessous la transcription de son discours en français.
La vidéo de son intervention (en anglais) est disponible ici et pour voir l’intégralité de la soirée musicale (en anglais), cliquez ici.

Le discours de Mme Helga Zepp-LaRouche :

Bonjour ! Je transmets mes salutations à votre conférence pour cette très belle occasion que représente l’anniversaire de Schiller, un anniversaire que nous célébrons, tous les ans depuis la création de l’Institut Schiller, dans plusieurs pays du monde.

Maintenant, je voudrais vous parler de l’une de ses œuvres, que beaucoup d’entre vous connaissent, mais qui je pense, est vraiment la plus pertinente en ce moment, à savoir ce que Schiller développe dans ses Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme. Comme vous le savez, il écrivit ces lettres traitant de l’éducation esthétique de l’homme dans le contexte de l’échec de la Révolution française, parce qu’il se demandait alors « Pourquoi un grand moment de l’histoire a-t’il rencontré un si petit peuple ? » Et il en est arrivé à la conclusion que, si les possibilités objectives de changement étaient bien présentes, ils manquaient les conditions subjectives et morales nécessaires.

Si cela était vrai à l’époque de Schiller, je pense que cela est d’autant plus vrai à notre époque, et pas seulement en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Il y a deux jours, le New York Times a publié un article affligeant, qui rapportait que selon une étude, le taux de mortalité des Américains d’âge moyen, des Américains blancs entre 40 et 50 ans, est en hausse de 10 % pour la moyenne, et de 22 % pour les pauvres.

Or, de 40 à 50 ans, n’est pas un âge pour mourir ; ce sont les plus belles années ! Alors, qu’est-il arrivé ? En fait, les causes de cette mortalité sont l’addiction à la drogue, l’abus de drogue, l’alcool, et le suicide. Par ailleurs, si vous regardez la situation aux Etats-Unis, il y a une chute du niveau de vie pour une grande partie de la population ; les gens sont obligés de travailler plus, de cumuler les heures de travail et n’ont presque pas de loisirs. Les guerres permanentes, dans lesquelles sont impliqués les Etats-Unis depuis l’administration de Bush père, les deux administrations de Bush 43e, et maintenant d’Obama, ont déchiré de nombreuses familles ; les pères ont été envoyés plusieurs fois en Irak, en Afghanistan, et ainsi de suite, revenant avec des troubles de stress post-traumatiques. Bien souvent, les familles n’y survivent pas.

Soixante pourcent des personnes seules à New York, vivent soit au niveau du seuil de pauvreté, soit en dessous – 60 %. La CDC, le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies, rapportait qu’il y a une forte hausse de la consommation de drogue aux Etats-Unis, où par exemple à Baltimore, une personne sur dix consomme de l’héroïne.

D’autre part, les faibles taux d’intérêt, voir les taux à zéro, rongent les économies de beaucoup personnes qui ont épargné pour leur retraite. Il y a une violence policière due au fait que la police a été militarisée. Il y a la violence Black-on-Black, et les tueries dans les écoles ; le taux d’homicide est en continuelle augmentation. Il y a aussi les meurtres, barbares, par drone, qui sont perpétrés à l’extérieur des Etats-Unis.

Voilà pour souligner ces quelques éléments, qui montrent que les Etats-Unis sont vraiment entrés dans un « âge de ténèbres », et personne ne peut le nier. Alors, comment fait-on pour changer cela ?

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« Il faut l’énergie du courage pour lutter contre les obstacles que l’indolence de la nature et la lâcheté du cœur opposent à l’enseignement de la vérité. »
Huitième lettre (Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme - 1795).

Comment peut-on sortir de ce cauchemar ? Et bien je pense que ce que Schiller a développé dans les Lettres esthétiques pour traiter ce problème à son époque, est tout aussi approprié pour le résoudre aujourd’hui. Il se pose les questions : où cela se passe-t’il ; d’où le changement doit-il venir ? Cela ne peut venir de l’Etat, car c’est l’Etat lui-même, dans sa forme actuelle, qui est la cause du mal ; il faudrait d’abord rétablir l’Etat dans ses plus nobles principes.

« La raison même, dit-il, choisira le combattant le plus noble, et le munira d’armes divines. » Ensuite, continue-t’il, comment se-fait-il, que dans les temps modernes avec toute la connaissance et la technologie, nous soyons encore des barbares ? Il doit y avoir quelque chose dans l’esprit des gens, dans le caractère des êtres humains, qui empêche d’accéder directement à la vérité. Il dit ensuite, « sapere aude » (ose savoir), « aie le courage de te servir de ta raison », et il rappelle le mythe ancien de la déesse de la Sagesse qui vint sur Terre toute armée, et dont la première action fut un acte guerrier.

Maintenant, beaucoup de gens sont déjà tellement occupés à trouver des moyens de subsistance, qu’ils ne veulent pas, et ne peuvent se charger en plus de penser. C’est la raison pour laquelle, ils ont tendance à suivre l’opinion des groupes auxquels ils appartiennent, que ce soit l’église, le prêtre, le club, leurs collègues, les médias, ou tout autre groupe. Car pour avoir la sagesse et pour aimer la sagesse, il faut déjà être sage pour l’apprécier.

Maintenant, la question qui se pose est : comment fait-on pour trouver le chemin de l’esprit ? Ce à quoi Schiller répond, « Tu dois le trouver par la voie du cœur. » Puis il arrive à la conclusion que le développement de ce qu’on appelle en allemand Empfindungsvermögen, « la sensibilité au monde » – la capacité de la totalité des émotions et de l’intelligence, à assimiler le monde et à le perfectionner – représente la mission la plus importante de notre époque.

Il dit ensuite, « Toute amélioration dans l’ordre politique doit partir de l’ennoblissement du caractère ; or comment le caractère pourrait-il s’ennoblir s’il subit les influences d’une constitution politique barbare ? » A cela Schiller donne une réponse surprenante, « Cela ne peut se faire que par le bel art. Parce que l’art et la science, sont les deux domaines qui jouissent d’une immunité absolue à l’égard de l’arbitraire du despote. »

« Le despote, le tyran, peut interdire l’art, mais il ne peut régner dessus. L’artiste est certes le fils de son époque, mais il ne doit pas en être la créature. L’artiste doit emprunter les idéaux d’une époque meilleure et plus noble. Mais comment l’artiste se préservera-t-il des influences de son temps ? En méprisant son jugement. »

« Il doit aspirer aux idéaux les plus hauts, mais non pas aux impératifs fondamentaux ; et il doit ne pas les présenter comme des nécessités, mais plutôt de façon ludique » Puis Schiller précise, « le seul moyen par lequel tu peux éliminer la dureté dans le comportement, est de la retirer des loisirs et du divertissement. Alors, lentement, la brutalité sera également bannie des convictions. La barbarie sera vaincue par la beauté dans l’art. Mais cette beauté n’a pas sa source dans l’expérience, elle doit être recherchée par la voie de la raison au travers de l’abstraction de la raison. On doit en arriver à la conclusion que si l’homme est supposé être digne de l’homme, de la dignité humaine, alors la beauté doit être vue comme une condition nécessaire absolue de l’humanité. Si elle se définit de cette manière, la beauté dans l’art appartient à la fois au domaine de la raison, et au monde des sens, parce qu’elle concilie les deux. Elle ennoblie nos sens et les élève jusqu’au niveau de la raison, ainsi il n’y a plus de contradiction. »

Dans l’introduction à sa pièce, La fiancée de Messine, Schiller dit que l’expérience du grand art invoque une puissance dans l’esprit des spectateurs, une puissance véritablement libératrice et pas juste sur le moment. Une puissance qui rend le spectateur libre intérieurement ; une puissance qui ne disparaît pas après la fin de la représentation, mais parce qu’elle libère le caractère divin dans l’être humain, tel que le recentrage intérieur, l’auto-direction, et cette capacité à penser et à être créatif par soi-même, sans dépendre de la pensée d’un groupe.

Pour que les Etats-Unis se libèrent de leur condition de barbarie, seul un mouvement de renaissance inspirant la population par la beauté du grand art, peut l’accomplir. Et, comme le dit Schiller, « Vérité et Beauté seront accueillies par les âmes les plus nobles de la société, puis de là, rayonneront sur toute la population. »

Alors pour conclure : « Osez être sage », et rejoignez-nous !


La vidéo de l’intervention de Mme Zepp-LaRouche (en anglais) est disponible ici.
Pou voir l’intégralité de la soirée musicale (en anglais), cliquez ici.