« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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C’est plutôt le « monstre britannique » qu’il faudrait décapiter !

12 mai 2017

Il existe des moments dans l’histoire où l’enjeu stratégique fondamental apparaît clairement, même aux plus aveuglés par les considérations idéologiques. Nous vivons un tel moment, alors que le système impérial britannique mène une guerre tous azimuts contre une alliance potentielle entre les Etats-Unis et la Russie, fondée sur le « système américain » évoqué par le président Donald Trump. Bien que « les Britanniques » aient temporairement réussi un coup contre le gouvernement américain, reflété dans l’attaque contre la Syrie, la coopération avec la Russie reste à l’ordre du jour suite aux entretiens fructueux qui se sont déroulés à Moscou entre le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, son homologue Sergueï Lavrov et le président Poutine.

Cela n’est pas du goût de Londres, comme l’a bien compris l’ambassadeur adjoint de la Russie aux Nations unies, Vladimir Safronkov, le 12 avril devant le Conseil de sécurité. Répondant aux diatribes lancées contre la Russie par l’ambassadeur du Royaume uni, Matthew Rycroft, il a déclaré :

Cela vous agace, vous avez perdu le sommeil à l’idée que nous allons collaborer avec les États-Unis, cela vous fait peur. Vous faites tout votre possible pour que cette coopération ne puisse pas réussir.

Puis, avec le soutien du soutien du Kremlin et du ministère russe des Affaires étrangères, il a averti :

Ne vous permettez plus d’insulter la Russie !

Le ministre britannique de la Défense Michael Fallon a même déclaré le 24 avril à la BBC que son gouvernement « ne peut exclure le recours aux armes nucléaires dans une première frappe », déclaration soutenue par Theresa May.

Comme le soulignait la présidente de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, dans un récent discours à New York, il reste à savoir si le président Trump aura compris le rôle de Londres.

Les indices sont nombreux

Le 13 avril, le Guardian s’est vanté de ce que le GDHQ (l’équivalent britannique de la NSA américaine) avait été le premier à signaler aux services américains des contacts « douteux » entre des collaborateurs de Trump et des Russes soupçonnés d’appartenir au secteur du renseignement. Ce sont également des agences britanniques qui ont utilisé un dossier fabriqué de toutes pièces par un « ancien » agent du MI6, Christopher Steele, pour tenter de monter une révolution de couleur contre Trump.

En outre, sur la base de rapports de renseignement non fiables, apparemment fournis par les Casques blancs en Syrie (un groupe proche d’al-Qaïda financé par le ministère britannique de la Défense), l’on a fait croire à Trump que Damas avait utilisé des armes chimiques à Khan Cheikhun. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OPCW) a confié la direction de l’enquête sur cette attaque à … deux citoyens britanniques.

Le 16 avril, le Sunday Times écrivait :

Les conseillers les plus proches de Donald Trump ont dit à la Grande-Bretagne que l’Amérique dispose de la puissance de feu pour neutraliser l’infrastructure nucléaire du régime [nord-coréen] – et pourrait lancer bientôt une frappe préemptive.

Sans oublier le secrétaire aux Affaires étrangères, Boris Johnson, qui a salué l’attaque américaine contre la Syrie, tout en appelant à une intervention militaire conjointe des deux pays afin de « décapiter ce monstre » qu’est Bachar al-Assad.

Cependant, le président Trump lui-même tweetait le 15 avril : « Tout s’arrangera très bien entre les Etats-Unis et la Russie. Il y aura une paix durable. » En ce qui concerne la Corée du Nord, son conseiller à la sécurité nationale, HR McMaster, a estimé que « le moment est venu d’entreprendre toutes les actions possibles, hormis l’option militaire. » Et Trump de son côté, s’est félicité à diverses reprises de la médiation du président Xi Jinping dans le dossier nord-coréen.