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Bulle boursière : la Fed injecte encore plus d’air chaud

19 juillet 2017

La présidente de la Réserve fédérale (Fed) Janet Yellen a récemment affirmé avec enthousiasme que les 30 plus grandes banques américaines ayant « réussi » leur stress test, cela confirme que le système « est beaucoup plus solide » grâce à la supervision de la Fed et aux niveaux de capitaux désormais plus élevés. Pour ajouter qu’une nouvelle crise est peu probable « de notre vivant » (sic !)

Même le New York Times a contesté une telle conclusion. Dans un éditorial en date du 3 juillet, ce quotidien estimait que le système est sans doute plus « fragile » que n’indiquent les stress tests. Si l’on se base sur les règles américaines, celles de la Fed, « fin 2016, le capital des huit banques principales représentait près de 14% de leurs actifs, pondéré pour risques. » Or, selon les normes internationales de comptabilité, la réserve de capital s’élève à seulement 6,3% ! L’écart est dû, explique le quotidien de New York, à la manière différente dont on évalue « le risque que posent les produits dérivés, ces instruments complexes à l’origine de la crise financière, et qui constituent encore aujourd’hui une grande partie des actifs des grandes banques américaines ».

En effet. Selon une analyse de Pam et Russ Martens parue le 5 juillet sur leur blog Wall Street on Parade, quatre banques détiennent à elles seules 89 % de tous les produits dérivés des banques américaines. Citigroup en détient aujourd’hui pour 54 800 milliards de dollars, contre 41 300 milliards en 2008. Puisque le PNB du monde entier ne représentait en 2016 que 75 600 milliards de dollars, « comment se fait-il qu’un seul holding bancaire, Citigroup, puisse détenir l’équivalent de 72 % du PNB du monde entier en produits dérivés ? »

On ajoutera que la seule manière de traiter le problème des produits dérivés est de retourner à un système de séparation bancaire (Glass-Steagall), ce qui obligerait les banques à déprécier ces produits ou à les passer par pertes et profits.

Janet Yellen a admis, en réponse à une question, que « les valeurs boursières peuvent paraître élevées » à l’aune de certains paramètres habituels, mais « qu’il n’y a pas de certitude en la matière ». On se rappellera les propos de l’ancien président de la Fed, Alan Greenspan, qui n’avait aucun signe « d’exubérance irrationnelle » dans la la bulle des « nouvelles technologies » des années 90, avant le krach de 2000.

La hausse de la capitalisation boursière des grandes banques est en réalité artificielle, le résultat de l’argent quasi gratuit que la Fed donne aux grandes banques qui le refilent à leurs clients privilégiés, ceux-ci utilisant alors ce crédit pour racheter leurs propres actions.