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Aux Etats-Unis, le rapport Horowitz dénonce la corruption au sein du FBI et du département de la Justice

21 juin 2018

La publication, le 14 juin, du rapport établi par l’Inspecteur général du département de la Justice (DOJ), Michael Horowitz, révèle des éléments accablants sur la « chasse aux sorcières » contre Donald Trump. Ce rapport de plus de 500 pages confirme que de hauts responsables du DOJ et du FBI, y compris la ministre Loretta Lynch et l’ancien directeur du FBI James Comey, sont coupables d’irrégularités dans l’enquête concernant l’utilisation par Hillary Clinton de son compte email personnel en sa fonction de secrétaire d’Etat. Par implication, le parti pris s’applique aussi à leur enquête sur la prétendue « ingérence » russe et la « collusion » de Trump dans l’élection présidentielle de 2016, car bon nombre des personnes épinglées participaient aux deux enquêtes. Le rapport de l’Inspecteur général sur le Russiagate en tant que tel n’a pas encore été divulgué.

Selon les conclusions du rapport d’Horowitz, James Comey a fait preuve d’« insubordination » et a bafoué la réglementation et la déontologie du DOJ dans l’enquête sur Clinton, notamment en annonçant à la presse en juillet 2016 que, selon lui, la candidate ne devait pas faire l’objet de poursuites judiciaires, ce qui dépassait de loin le cadre de ses fonctions. Si l’Inspecteur conclut que les actions de Comey n’étaient pas motivées par un parti pris politique, mais plutôt par son arrogance personnelle, les éléments documentés sur sa violation systématique de la procédure et de la déontologie suffisent à justifier son limogeage par le président Trump. Ainsi, le rapport réfute indirectement l’un des chefs d’accusation que le procureur Robert Mueller essaie de démontrer, à savoir que Trump s’est rendu coupable d’« obstruction de la justice » en remerciant le directeur du FBI alors en poste.

Au-delà de Comey, le rapport présente de nombreux cas de l’hostilité flagrante envers Trumpa affichée par certains responsables chargés par Comey d’enquêter sur le Russiagate. Selon le député Trey Gowdy, qui a toujours dénoncé les attaques contre le FBI, le rapport « montre de manière concluante un alarmant niveau d’animosité destructeur de la part de ‘hauts gradés’ du FBI. (...) Des préjugés si pernicieux et si mal intentionnés qu’ils entachent le processus, le résultat et la capacité de faire confiance à l’un et à l’autre. »

L’animosité la plus évidente s’exprime dans les textos échangés entre le principal enquêteur du FBI, Peter Strzok, et son amante Lisa Page, une juriste du FBI qui travaillait pour le vice-directeur de l’agence Andrew McCabe, congédié depuis. Dans un texto, Strzok promettait de faire le nécessaire pour « stopper Trump », qu’il décrit dans des termes particulièrement vulgaires. James Comey le louait comme l’un des rares responsables ayant les compétences pour diriger l’enquête sur Clinton et aussi sur l’ingérence russe.

Un autre avocat du Bureau affecté à l’enquête, qui n’est pas nommé, s’est décrit comme « abasourdi » et « terrassé » après la victoire de Trump. Ce qui ne l’a pas empêché d’affirmer à Michael Horowitz que son mépris pour Trump n’avait aucun impact sur son rôle d’enquêteur. Après avoir documenté ces faits, n’a toutefois Horowitz pas remis en cause la prétention à l’objectivité de la part de ces responsables, y compris de Comey.

Par ailleurs, dans le cadre de l’enquête, l’Inspecteur a découvert de nombreux cas de responsables du Bureau ayant divulgué aux médias des renseignements secrets sur diverses enquêtes – ce qui est parfaitement illégal – à commencer par James Comey.