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Aux Etats-Unis la campagne pour « couper les banques en deux » s’étend au camp républicain

12 août 2015

Le refus de Hillary Clinton de soutenir le rétablissement de Glass-Steagall reste un thème de campagne central non seulement chez les démocrates, mais aussi pour tous ceux qui sont alarmés par la perspective d’un nouveau krach, pire encore que celui de 2008. Et pour cause, les nouvelles abondent sur la croissance des grandes banques – quelque 40 % depuis 2009 – et les super-profits qu’elles encaissent sur leurs créances, et ce alors que l’économie physique se contracte et que la dette des particuliers augmente.

Les défenseurs de l’économie financière contre-attaquent, bien sûr, mais leurs arguments trouvent peu d’écho dans la base démocrate. Lors des réunions électorales avec Bernie Sanders et Martin O’Malley, ce sont souvent leurs dénonciations des spéculateurs de Wall Street, ou leur intention de rétablir Glass-Steagall, qui accueillent les applaudissements les plus nourris.

L’AFL-CIO, la plus grande fédération syndicale outre-Atlantique, et dont les membres mobilisent le plus pour le vote démocrate, milite aussi pour l’adoption de la loi de Franklin Roosevelt. Revers significatif pour Hillary Clinton, le Comité politique du syndicat a décidé le 26 juillet à l’unanimité de reporter de plusieurs mois le soutien à un quelconque candidat présidentiel.

La séparation des banques devient aussi un thème des candidats républicains, depuis que l’ancien gouverneur du Texas Rick Perry a déclaré lors d’une réunion publique à New York qu’il soutiendrait une loi visant «  à obliger les banques à séparer à nouveau leurs activités de prêt traditionnelles de leurs activités d’investissement et des pratiques connexes ».

En 2014, lorsque le parlement du Texas envisageait d’adopter une loi restreignant les banques, le PDG de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, s’y est rendu personnellement pour menacer Perry, alors gouverneur, affirmant qu’une telle mesure se traduirait par la perte de 30 à 40 000 emplois dans l’Etat.