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Afrique, Asie du sud-ouest : l’Occident récolte ce qu’il a semé

22 janvier 2013

La prise d’otages en Algérie est la dernière indication en date du fait que le projet anglo-saoudien d’attiser une nouvelle Guerre de Trente ans assortie de conflits permanents entre religions, tribus et sectes, s’étend dans toute l’Afrique, la Méditerranée orientale et le golfe Persique. L’objectif britannique, souvent exprimé par le prince Philip, est une dépopulation massive à l’échelle mondiale.

Ce qui crève les yeux, dans ces événements, est l’hypocrisie totale des puissances occidentales, qui combattent actuellement les terroristes/djihadistes au Mali et en Algérie avec qui elles s’étaient alliées pour renverser le régime de Kadhafi en Libye, et restent à ce jour alliées en Syrie pour faire tomber Bachar al-Assad. Il reste à espérer que l’intervention au Mali et la prise d’otages amèneront des dirigeants plus sages à exiger un changement total de la politique suivie.

En effet, les extrémistes salafistes et wahhabites derrière les djihadistes dans le nord du Mali sont déployés et armés par le Qatar et l’Arabie saoudite, deux pays pleinement soutenus par les pays occidentaux qui n’ignorent pas cet aspect de leurs activités. Il en est de même pour l’organisation dirigée par Mokhtar Belmokthar qui a monté l’opération de prise d’otages à l’installation de BP à In Amenas.

Ce projet anglo-saoudien consiste aussi à fomenter une confrontation permanente entre Sunnites et Chiites dans l’ensemble du monde islamique. Le conflit en Syrie, qui entre dans sa troisième année, s’est transformé en un féroce conflit sectaire entre jihadistes sunnites d’un côté et les minorités chiite, alaouite et chrétienne de l’autre. Selon le quotidien libanais Al Manar, proche des Hezbollahs, le chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin-Sultan, a fait parvenir sans compter du liquide et des armes à Al Nousra, une filiale d’al Qaida en Irak (AQI), pour à la fois renverser Assad et éliminer les forces d’opposition rivales dans l’Armée syrienne libre.

Que la crise syrienne soit dans une impasse militaire oblige des analystes américains et européens à admettre que les conditions ont été créées pour un conflit de chacun contre tous, qui s’étendra rapidement au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak.

Pour alarmante que soit la perspective d’une nouvelle guerre de Trente ans, il existe un danger encore plus grand, à savoir que cette dynamique se dégrade en une confrontation entre superpuissances (Etats-Unis contre Russie et Chine). La Russie vient de lancer ses plus importantes manœuvres navales dans la Méditerranée orientale depuis la fin de la Guerre froide, et les dirigeants russes ne cessent de répéter qu’ils considèrent comme un casus belli le système de défense antimissiles que les Etats-Unis et l’OTAN installent au sud de la Russie et près de la Chine.

En même temps, la situation en Asie du sud s’échauffe rapidement. En plus de la relance du conflit pakistanais-indien à la frontière du Cachemire, le Pakistan a été la scène d’une offensive sectaire brutale entre Sunnites et Chittes. Un incident à Quetta, au Baloutchistan, qui a des frontières avec l’Afghanistan et l’Iran, a tué cent personnes, tous des fidèles chiites. Un groupe baloutche, Jundallah, conduit depuis deux ans une insurrection de basse intensité au-delà de la frontière iranienne, exécutant des missions de sabotage et d’assassinats contre le corps iranien des gardiens de la Révolution.

Pour ce qui est de l’Afghanistan, les préparatifs se finalisent pour des entretiens bilatéraux entre les Etats-Unis et les Talibans en vue d’un partage de pouvoir suite au retrait américain. Le président Obama a convaincu le président Karzai d’accepter des négociations avec les Talibans – soit les mêmes forces contre lesquelles les Etats-Unis et l’OTAN font la guerre depuis 2001.