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A deux doigts d’une guerre mondiale

3 septembre 2012

Entre l’effondrement financier de la région transatlantique et le danger d’une guerre mondiale déclenchée à partir du Moyen Orient, la situation stratégique globale n’a jamais été aussi tendue. C’est l’existence même de la civilisation humaine qui est en jeu, estimait Helga Zepp-LaRouche dans un article récent, et pourtant il existe une alternative qui peut et doit être mise en oeuvre immédiatement.

Le danger extrême vient de ceux qui pensent que le système financier de l’empire ne peut être sauvé qu’au moyen de toujours plus d’« assouplissement quantitatif », c’est-à-dire d’hyperinflation, conjugué à une austérité brutale pour la population, et en provoquant toujours plus de guerres et de conflits.

Dans ce contexte, la situation dans tout le Moyen-Orient ressemble de plus en plus à celle des Balkans à la veille de la Première guerre mondiale, lorsque des figures locales se faisaient déplacer à leur insu sur l’échiquier par les maîtres joueurs, et un coup de revolver suffisait littéralement à provoquer une guerre mondiale. Ainsi aujourd’hui, les alliances bien complexes, les contrats d’armes et les rapport de forces au Moyen-Orient ne sont que des éléments d’une dynamique de guerre globale, attisée par des instruments politiques comme le Président Obama, le Premier ministre Cameron et Tony Blair, ainsi que François Hollande, dont les cibles ultimes sont la Russie et la Chine.

Dans le cas de la Syrie, ils évoquent le prétexte d’armes chimiques pour mener une action militaire directe, tandis que les forces spéciales britanniques et américaines collaborent avec des extrémistes (salafistes, al Qaïda, PKK) financés avec l’argent saoudien et qatari pour chasser Bachar al Assad du pouvoir. De même, on parle de créer une « zone de sécurité humanitaire » sur le territoire syrien, voire même une zone d’exclusion aérienne, qui seraient toutes deux pratiquement impossibles à contrôler, même avec d’immenses moyens.

Toutefois, des voix plus saines, notamment parmi les militaires, font leur possible pour empêcher de telles actions. La plus importante d’entre elles est celle du chef d’état-major des Armées américaines, le général Martin Dempsey. Lors d’une visite à Londres pour assister aux Jeux paralympiques, il a haussé le ton, désavouant implicitement mais clairement la politique d’Obama. Le quotidien Independent a même titré : « Obama se trompe sur l’action en Syrie, dit le général le plus haut gradé ». Toute activité plus étendue en Syrie même serait à mener dans le cadre de l’OTAN et non pas par des pays isolés, précisa-t-il, tout en soulignant qu’une zone d’exclusion aérienne implique que l’OTAN y mette les moyens pour la faire respecter. Dans ce sens, il a traité toute comparaison entre la Syrie et la Libye d’« amusement ».

Le pire scénario, pour le général Dempsey, serait un « Etat défaillant » en Syrie, autrement dit la prise du pouvoir par les djihadistes et les forces d’al-Qaïda que les gouvernements américain, britannique et français aident actuellement.

Le général Dempsey a également saisi l’occasion de son voyage à Londres, où il s’est entretenu avec des dirigeants militaires britanniques, pour conseiller à Israël de ne pas frapper l’Iran, ce au moment où le Premier ministre Netanyahou fait rouler les tambours plus fort que jamais. Dempsey a répété que si des frappes israéliennes pourraient peut-être retarder le programme nucléaire iranien, elles ne pourraient pas le détruire, ajoutant que des sanctions sont plus efficaces.

Dans les deux cas, la Syrie et l’Iran, le chef d’Etat-major américain a clairement pris ses distances avec la politique de confrontation vis-à-vis de la Russie et la Chine poursuivie par la Maison Blanche.

De même pour l’un de ses prédécesseurs, le général Colin Powell (cr), et ce encore plus explicitement. Lors d’une interview le 26 août à CNN, Powell, qui était secrétaire d’Etat lorsque le président Bush ordonna l’invasion de l’Irak en 2003, ce qu’il regretta profondément par la suite, a mis en garde contre toute zone d’interdiction aérienne de même que toute action militaire en Syrie ou en Iran, affirmant qu’il est essentiel de maintenir des négociations avec les dirigeants iraniens, qu’il a qualifiés de « rationnels ».

Autre point très important, Powell a tenu à souligner que la Russie n’est pas un « ennemi géostratégique », et ne va pas le devenir. Il rejoint ainsi les efforts intenses de différents chefs militaires américains et russes pour faire passer une politique d’évitement de la guerre.

Comme le notait Helga Zepp-LaRouche dans son article du 31 août, l’arsenal de moyens militaires, y compris thermonucléaires, actuellement basés au Moyen-Orient et aux alentours, est plus que suffisant pour anéantir l’ensemble de l’espèce humaine. Il va de soi que toute confrontation avec la Russie et la Chine à propos de la Syrie et l’Iran mènerait à l’utilisation d’armes thermonucléaires.

D’où l’urgence absolue pour ceux qui sont conscients du danger de se mobiliser immédiatement et de promouvoir l’alternative LaRouche.