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95 % des fonds du « sauvetage de la Grèce » sont allés aux banques !

20 mai 2016

L’argent des contribuables européens utilisé pour ce qu’on appelait « le sauvetage de la Grèce » en 2010 et 2012 est allé en réalité directement … dans les caisses des grandes banques de la City de Londres, de Wall Street et d’Europe, selon une étude universitaire reprise par Handelsblatt le 4 mai. Ces deux plans de sauvetage des banques pour la Grèce s’élevaient à près de 220 milliards d’euros.

L’étude en question a été menée, pendant deux ans, par la European School of Management and Technology de Berlin. Ses conclusions confirment celles de la Commission sur la dette du parlement grec en 2015, qui avait déclaré l’énorme dette de la Grèce « illégale, illégitime, et odieuse ». Le nouveau rapport conclut, d’après Handelsblatt, que « moins de 5 % des 215,9 milliards [d’euros] que la Grèce a reçus dans le cadre de ses deux programmes de renflouement ont réellement fini dans les coffres de l’État.

Le reste a servi à rembourser d’anciennes dettes, à verser des intérêts et à recapitaliser les banques grecques…. Seuls 9,7 milliards du montant total sont allés au budget du gouvernement, alors que 86,9 milliards ont servi au remboursement de dettes et 52,3 milliards au paiement des intérêts.

En outre, constate cette étude, 37,3 milliards d’euros ont servi « à sauver les banques grecques ». Or, ces banques ont perdu, depuis 2013, environ 98 % de leur valeur sur le marché. »

Le président de l’ESMT, Jörg Rocholl a affirmé à Handelsblatt que :

les aides financières ont été avant tout utilisées pour sauver les banques européennes. Les contribuables européens ont renfloué les investisseurs privés.

Pire encore, les gouvernements grecs, en échange de l’argent des contribuables dont ils n’ont jamais vu la couleur, ont été obligés d’imposer des réductions budgétaires meurtrières qui ont fait grimper le taux de pauvreté et ravagé plus encore l’économie réelle, tout en augmentant l’endettement.

Le rapport dans le Handelsblatt est paru au moment même où l’odieuse Troïka imposait une fois de plus à Athènes une réduction des retraites et la hausse des taxes et de l’impôt, en échange d’un nouveau prêt, comme l’exigent les créanciers internationaux.

Les impossibles 3,5 % d’excédent budgétaire primaire

Le FMI a lui-même de nouveau affirmer que l’accord entre l’UE et la Grèce est inapplicable à cause des 3,5 % d’excédent budgétaire primaire qu’il prévoit, ce qu’aucun pays européen n’a jamais réussi à accomplir – pas même l’Allemagne, l’élève modèle. Le FMI, bien qu’exigeant plus d’austérité, plaide pour une réduction de la dette grecque.

Mais cela ne résoudra pas le problème. La solution consiste à trier les dettes, en identifiant celles qui sont usuraires et illégitimes, et de ce fait à annuler, et celles qui sont à honorer pour protéger l’intérêt général et l’économie réelle. Ceci peut se faire dans le cadre d’une séparation des banques suivant les critères de la loi Glass-Steagall (originelle) adoptée en 1933 par les États-Unis, pendant la présidence de Franklin Roosevelt.