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11 septembre : conférence de presse sur les 28 pages

15 janvier 2015

Une percée pourrait être imminente dans la lutte pour obtenir la divulgation des pages censurées du Rapport parlementaire de décembre 2002, intitulé « Joint Inquiry into Intelligence Community Activities before and after the Terrorist Attacks of September 11, 2001 ». L’administration Bush-Cheney a exigé que ces 28 pages, qui concernent le rôle de certaines institutions et personnalités saoudiennes dans l’orchestration des attentats contre les tours jumelles de New York et le Pentagone, soient classifiées, et le président Obama a systématiquement refusé de les déclassifier.

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Le Prince Bandar reçu à la Maison Blanche par George W. Bush.

Toutefois, le 6 janvier, le représentant républicain Walter Jones et son collègue démocrate Stephen Lynch ont à nouveau déposé leur résolution appelant le Président à divulguer les pages, faisant valoir que le contenu ne saurait nuire à la sécurité américaine.

Le lendemain, tous deux ont formulé la même demande lors d’une conférence de presse au Capitole, où le sénateur Bob Graham, qui avait dirigé l’enquête à l’époque, a pris la parole aux côté des représentants des familles des victimes. Tous ont insisté sur le fait que les citoyens des Etats-Unis ont le droit de connaître la vérité sur ces attentats et que la Maison Blanche doit cesser de la dissimuler.

L’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, le même jour quelques heures plus tôt, a rendu encore plus urgent l’appel des participants – comme l’ont souligné le député Jones et l’ancien sénateur Graham.

Ce dernier, dans ses propos, a exposé trois des conséquences dévastatrices entraînées par la non divulgation des 28 pages : 1) déni de la vérité ; 2) déni de la justice ; et 3) affaiblissement de la sécurité nationale des Etats-Unis.

En effet, comme Bob Graham l’a montré, la véritable menace pour les Etats-Unis vient de la non divulgation des informations. Les Saoudiens savent ce qu’ils ont fait, a-t-il souligné, mais surtout ils « savent que nous savons ce qu’ils ont fait ». Alors, à quoi donc a servi la dissimulation ?

« Et bien, ils ont maintenu, et même accru leur soutien à l’une des formes les plus extrêmes de l’Islam, le Wahhabisme, à travers le monde, en particulier au Moyen-Orient. Ensuite, ils ont soutenu la ferveur religieuse, par des moyens financiers ou autres, des institutions qui ont propagé ces formes extrêmes d’Islam. » Ils ont créé et soutenu al Qaïda, des groupes régionaux tels que al-Shabaab et aujourd’hui, l’Etat islamique. Et si l’EI est écrasé, a-t’il ajouté, un autre groupe sera créé pour défendre la même cause, sauf si l’on brise ce cercle vicieux.

Il reste maintenant à espérer que la couverture de presse importante que les médias ont accordé à cette conférence de presse permettra enfin de briser l’omerta sur la rôle de l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre 2001.